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De Bouts de vent

Professeur de lettres en région toulousaine, l’écriture s’est invitée dans ma vie vers l’âge de onze, douze ans peut-être. Un beau soir, en secret, à la lueur d’une petite lampe à piles que je cachais sous mon matelas, j’ai été profondément ému par les mots de Marcel Pagnol. Je ne savais pas encore que les mots possédaient ce pouvoir mystérieux. De cette lecture est née une promesse d’enfant, celle d’écrire, un jour, un livre pour rendre cette émotion dont on m’avait fait cadeau. Sur la thématique de la filiation inconnue, j’ai voulu dans cette œuvre mettre dos à dos deux écritures, deux visions du monde, deux générations qui se répondent sans se comprendre.

Je fais aujourd’hui appel à vous pour réaliser ensemble ce projet d’édition. Je vous propose de contribuer à la naissance d’un livre et de devenir partenaires de cette création. Votre nom en tant que contributeur sera présent dans le livre que vous recevrez en avant-première !

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Projet réussi ! Un grand merci à tous les contributeurs !

Description

De Bouts de vent est un roman intimiste dans lequel se confrontent deux narrations. Au lendemain de la mort de sa mère, Antoine écrit son histoire pour se disculper auprès d’un policier suspicieux. Sur les traces d’un père qu’il n’a jamais connu, il évoque alors sa construction laborieuse auprès d’une mère à demi folle, son parcours chaotique dans les années 80-90, son refuge dans la littérature. Parallèlement, nous suivons l’entrée en féminisme de Pénélope, sa mère, qui débarque à Paris au lendemain des événements de 68. Entre ces deux époques, une absence, un silence vertigineux qu’Antoine tente de combler et la découverte d’une vérité qui pourrait bien être à l’origine d’un incendie.

« Ma mère est devenue étrange depuis un certain temps et se comporte curieusement. Je la soupçonne de passer ses journées à contempler le néant de la tapisserie du salon, perdue dans des pensées qui m’échappent. Forcément. Elle est fugitive. Parfois, j’entre discrètement dans la maison et je me poste dans le couloir à l’observer pendant de longues minutes, attendant une réaction, qui ne vient pas. Qu’y a-t-il derrière ces pupilles grandes ouvertes ? Ce regard vide, perdu dans l’infini. Où son esprit s’est-il encore égaré ? Qu’attend Pénélope ? Peut-être comme moi : un retour. Faut-il encore l’espérer ? De toutes les femmes, ma mère reste la plus énigmatique, la plus opaque, la plus mystérieuse. Impossible de savoir quelle tempête gronde dans cet esprit chaviré. Quelles vagues puissantes ont ainsi fouetté sa vie ? Quel torrent a tout emporté, la laissant là, sur le rivage, échouée sur ce canapé, à demi morte, inconsciente du patrimoine incendiaire qu’elle me lègue ? Quatorze ans, c’est l’âge de l’insouciance, de la rébellion contre l’autorité parentale. Pour moi, c’est l’âge de conscience. Un jour, dans le regard figé de ma mère, d’une tristesse à déchirer les murs du salon, je trouve un écho à ma propre souffrance. Pour la première fois, je la vois, non pas comme la source de ma peine, mais plutôt comme une sœur de larmes se battant contre le même ennemi. Je m’assois alors doucement près d’elle. Elle me regarde, comme si elle ne me reconnaissait pas, mais ce n’est pas grave. À sa grande surprise, je tente quelque chose d’inédit. Je la prends dans mes bras. Puis, je pleure tout ce fleuve de colère qui dort en moi. Quand je relève la tête, au bout de dix minutes, je vois de grosses larmes sur ses joues roses. Alors, je me niche à nouveau contre elle et nous faisons la paix, sans un mot, juste en pleurant l’un contre l’autre. Je comprends enfin ce qu’elle me dit pourtant depuis des années : elle ne sait rien sur mon père. Où est-il ? Pourquoi nous a-t-il laissés ? Que s’est-il passé ? Pénélope aussi attend des réponses. Elle se complaît néanmoins dans l’inertie la plus totale, sans doute lasse d’avoir cherché en vain dans le néant d’une douce folie. Je devine, à l’observer d’un œil neuf, qu’elle est coincée dans ce passé douloureux. Des choses, auparavant incompréhensibles, trouvent maintenant des explications d’une logique implacable. Même ses tenues, tout droit venues des années soixante-dix, qu’elle ressort par période au gré d’une exubérance passagère, témoignent de cette volonté de ne pas lâcher prise avec ses années de bonheur.
Le soir, seul dans mon lit, je me fais une promesse. Je retrouverai ce père, où qu’il soit, et je ramènerai ce lâche d’Ulysse vers sa Pénélope et son fils, car tous deux, nous avons droit à des réponses. Elle a suffisamment décousu du regard la tapisserie du salon, dans l’espoir, sans doute, de son retour. J’ai suffisamment usé mes yeux d’enfant, à travers la vitre de ma chambre, donnant sur cette cour désespérément vide. Je le trouverai, où qu’il se cache. Dans les bas-fonds de quelques bars sordides, dans les ruines antiques de quelques villes tabassées par un soleil brûlant, dans les dédales de quelques cités perdues d’Amazonie. Je le trouverai. »

  • Les étapes de création

    Mon objectif est d'atteindre 990 € de préventes afin de rendre possibles la réalisation des maquettes, la correction, l'impression et la promotion.
    C'est pourquoi je fais appel à vous, auteurs, lecteurs et amoureux des mots ! Votre précommande permettra à mon projet de devenir réalité grâce à une équipe de professionnels.
    Votre appui me sera précieux et vous recevrez vos contreparties dès la fin de la campagne.


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