La nécessité de la servitude a encore de longs siècles à venir

J’ai cinquante-huit ans dont les quinze dernières années au service de collecte des ordures ménagères… D’origine martiniquaise, je suis considéré non seulement comme un con d’éboueur et par surcroît négropolitain… Mauvaise pioche… Trop de chlordécone… Alors, je n’ai pas trop la banane…
Je suis un éboueur rudéral, adventice et commensal, tel un végétatif d’illettré croissant sur les ruines d’une société spectaculaire. Je suis un rejeton d’un système-monde en décrépitude. Je fais le cache-misère. Je ne suis pas un parasite. Je suis un… complément nécessaire.
Le regard d’un éboueur sur le monde, la vie, l’univers et le reste, peut apporter une lueur d’espérance inédite dans un monde hypothétiquement condamné mais potentiellement perfectible. Un peu surréaliste l’affaire… La rédemption d’un éboueur… Une utopie rudérale… La nécessité de la servitude a de longs siècles à venir.

Je fais aujourd’hui appel à vous pour réaliser ensemble ce projet d’édition. Je vous propose de contribuer à la naissance d’un livre et de devenir des partenaires pour cette création. Votre nom en tant que contributeur sera présent dans le livre et vous recevrez le livre en avant-première !

179,00 de préventes
7 Contributeurs
Préventes :
18.1%
Objectif : 990,00
Minimum amount is € Maximum amount is €
Creator
1 Projet(s)

Description

« Tu finiras clochard ou balayeur, si tu ne travailles pas bien à l’école… » J’ai fini éboueur… Inspiré d’une analyse de situation de travail, l’éboueur que je suis depuis quinze ans fait le bilan de ses compétences et de ses acquis… Convaincu au départ de son misérabilisme sociale, il ressent peu à peu le besoin exutoire, la nécessité impérieuse de se guérir de ce larbinisme larvaire qui le ronge… Le travail d’écriture se poursuivant, cela devint un témoignage rudéral, un testament areligieux, la dissection d’un éboueur exquis, une quête initiatique vers l’excellence d’un éboueur, le cri d’un damné de l’anthropocène ! Le travail de CHIASSE (collecte, hétéroclite, iconoclaste, autodidacte, syncrétique, etc.) se poursuit encore…

Je suis un éboueur et donc areligieux mais très résilient.

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. (Antoine Lavoisier)

Nous devons rédiger un curriculum vitae pour rechercher du travail. Nous pouvons en rédiger un autre CV pour témoigner de ce que l’on est devenu dans ce monde du travail. C’est un peu raconter une histoire aux enfants avant d’aller se coucher.

Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. (Rabelais)

L’homéostasie, qui sur le plan physiologique, est le maintien à un niveau constant, par les organismes vivants, des caractéristiques internes (températures, concentrations des substances, etc.), semble devoir le mieux justifier la vocation de l’éboueur.

Enfin un con qui dit des choses de la vie, de l’Univers et de tout le reste, du point de vue d’un éboueur ! Voici l’occasion rêvé de se payer la tête d’un con en connaissance de cause et avec l’assentiment du pénitent. Ce témoignage éclairé d’un éboueur parmi tant d’autres n’est pas un modèle du genre. Mais il a le mérite de révéler une capacité octogonale ou rudérale (COR8) de l’éboueur, qui se déploierait sur huit degrés usuels (DU8) à appréhender ou huit perspectives ordinaires (PO8) à découvrir.

Extrait

L’on me nomme éboueur, cela rime avec malheur. L’on me nomme éboueur, je recherche pourtant le bonheur. C’est que ce métier d’éboueur se mesure face à la déchéance du monde et de ses occupants. Dans un tohu-bohu spectaculaire, la Terre se décompose devant les yeux dessillés de celui-ci. En élève besogneux, il pourrait en rédiger une composition rauque et visqueuse. Son existence est un blasphème, une hérésie. Car son humanité se trouve souillée par sa promiscuité avec les déchets et les restes humains. Sa composition, telle une rédaction scolaire de la vieille école, serait celle de la décomposition du monde et du combat qu’il mène afin de faire mentir (vrai) les plus désespérés. Car l’éboueur participe à cette lutte acharnée contre l’irruption de la pourriture et de la saleté. C’est une lutte interminable, un éternel recommencement. Il en déduira qu’il n’y a rien à faire d’autre que de persévérer malgré tout.

De cette persévérance de l’éboueur, il en inventera un langage particulier, un langage rudéral constitué d’un amalgame de rudologie, d’ergologie, de philosophie, de littérature et de théologie rudimentaires. L’éboueur se saisira de toutes ces ordures, ces miettes, ces rognures, de tout ces déchets, de toutes ces poubelles, pour nous en débarrasser, ne plus les avoir sous les yeux, sous le nez. Ainsi, de toutes ces traces « insignifiantes », de tout ces maux de société, de toutes ces salissures récalcitrantes, de toutes ces excrétions et autres expressions de la réalité urbaine, l’éboueur, tel un coq « fier » les pieds dans la merde, entonnera un chant quelque peu infâme mais pas aussi insignifiant que cela.

Sur les décombres d’une société de consommation et dans les ruines d’une civilisation industrieuse, l’éboueur croît à la manière d’une plante rudérale. Ronce, ivraie, ortie, ambroisie ou chiendent, il subsistera comme une part de mort-vivant en lui, à l’image de ces « mauvaises herbes » poussant dans les marais qui abritent « les serpents et les dragons ». De ce « combat » forcené, interminable et répétitif, l’éboueur, tel un kung-fu de l’ordure, forge « un nouvel art martial » et un style de kata et de mantra rudérales. L’art concret de l’éboueur est de relever le défi de l’inéluctable finitude. Il se sait condamné à perpétuité à nettoyer la merde. Il sait que les ordures ont la vie dure. L’éboueur se résigne à faire le job. Il y met l’énergie nécessaire. Il fait acte de présence. Il appartient à cet engeance « des seigneurs des porcheries ». Par Sisyphe, il croît parmi les immondices de ce monde perfectible. Les débris, les gravats, les détritus, les résidus, les saletés, les souillures, les émanations, les excrétions, les effluves, les remugles, les miasmes, les odeurs, les puanteurs sont les stimuli de sa rude vie d’éboueur.

Contreparties

6,00
- Un message de remerciement
- Votre nom de contributeur dans le livre
1 contributeurs
12,00
- Le livre en format ebook
- Votre nom de contributeur dans le livre
1 contributeurs
19,00
- Un exemplaire papier
- Une dédicace du livre en avant-première
- Votre nom de contributeur dans le livre
3 contributeurs
29,00
- Un exemplaire papier
- Une dédicace du livre en avant-première
- Le livre en format ebook
- Votre nom de contributeur dans le livre
1 contributeurs
45,00
- Un exemplaire papier
- Une dédicace du livre en avant-première
- Un second exemplaire à offrir à la personne de votre choix
- Le livre en format ebook
- Votre nom de contributeur dans le livre
0 contributeurs
75,00
- Un exemplaire papier
- Une dédicace du livre en avant-première
- Deux autres exemplaires à offrir aux personnes de votre choix
- Le livre en format ebook
- Votre nom de contributeur dans le livre
- Un remerciement spécial au contributeur en couverture du livre
- Une rencontre avec l\'auteur
1 contributeurs
  • Les étapes de création

    Mon objectif est d'atteindre 990 € de préventes afin de rendre possible la réalisation des maquettes, la correction, l'impression et la promotion. C'est pourquoi je fais appel à vous, auteurs, lecteurs et amoureux des mots ! Votre précommande permettra à mon projet de devenir réalité grâce à une équipe de professionnels. Votre appui me sera précieux et vous recevrez vos contreparties dès la fin de la campagne.