Giono et la Corse

par Christine et Marc Bretonnier et Giorgi

Après Nietzsche qui inaugura la série (Nietzsche et la Corse, Thierry Ottaviani aux éditions MAÏA), parler de Giono et la Corse tient du paradoxe car il est attesté que Giono n’a jamais mis le pied en Corse. Cet essai n’aurait donc jamais dû voir le jour.
Or, les circonstances en ont décidé autrement. Il n’y a pas de honte à le reconnaître, seule la rencontre avec Marc Giorgi a été déterminante et la discussion que nous avons eue sur les affinités et les ressemblances entre les membres de sa famille et les personnages de Giono m’a permis aussitôt de lever le paradoxe : les ancêtres de Marc Giorgi s’incarnaient dans les personnages ; des êtres de chair et de sang entamaient leur transmutation ; leur sang se changeait en encre. Les Valery dialoguaient alors avec les Jason des Deux cavaliers de l’orage ; le village de Pietra di Verde entrait en résonance avec les Hautes-Collines de Giono.

De gauche à droite : Christine Bretonnier : coauteure, Marc Giorgi : coauteur,
Paulette Andréani : artiste peintre (crédit photo : Fred Bittoun)

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Projet terminé

Giono et la Corse
Jean Giono, écrivain de la Corse malgré lui

Christine Bretonnier, professeur agrégé de lettres modernes, essayiste et poète, spécialiste des écrivains du XXe siècle, titulaire de deux doctorats sur Giono, le premier soutenu à la Sorbonne sous la direction de Henri Godard et le second à Denis Diderot sous la direction de Julia Kristeva, nous livre ici un essai en collaboration avec Marc Giorgi.

Marc Giorgi est né en 1950 à Pietra di Verde en Corse où il réside depuis sa retraite de l’Éducation Nationale en 2013. Passionné de généalogie, il consacre une grande partie de son temps libre à retracer l’histoire des familles pietrolaises et à évoquer la vie d’autrefois dans son village natal.

 

La maison de Tozza à Pietra di Verde, en arrière plan la montagne dans les nuages (Crédit photo : Fred Bittoun)

Comment les lieux forgent les cœurs, les passions et les caractères ? Comme le déclare Jean-Guy Talamoni dans la préface de cet ouvrage :
« L’ouvrage a quelque chose d’une histoire de famille, y compris pour le rédacteur de ces lignes. […] Une histoire de famille, au singulier, donc. Mais également une histoire de familles. Celles des Valery et des Jason. Elles n’appartiennent pas au même monde puisque la première est réelle et la seconde de l’ordre de la fiction. De surcroît, une mer les sépare, des terres aussi. Et pourtant, Christine Bretonnier veut les rapprocher. N’écrit-elle pas « Les Valery ont expérimenté la vie des Jason. Leur sang est à jamais devenu encre, une encre verte, évidemment, comme si, subrepticement, cette belle pierre de Pietra di Verde avait mêlé ses pigments à leur sang. » ? […]
Rapprocher la Corse de la Provence aurait été plus difficile s’il s’était agi de la Provence de Pagnol, celle de la côte, avec ses cigales bruyantes et son verbe haut servi par un accent chantant… Celle de Giono, c’est autre chose. Sa Provence à lui, celle de la montagne, peut être très sombre. Et même si les deux auteurs ont pu s’apprécier, et même travailler ensemble, il y a, entre leurs univers respectifs, toute la distance qui sépare la comédie de la tragédie. […]
À A Petra comme dans les Hautes-Collines de Provence, le tragique est toujours là, consubstantiel aux lieux – et aux hommes qui y vivent et en portent la marque. Le tragique sommeille ou se cache, prêt à ressurgir. Mais la croix de Carnaghju protège les hommes, y compris d’eux-mêmes. »

Tableau « Maison de Tozza », peintre Paulette Andréani (crédit photo : Fred Bittoun)

Lorsque Pierre-Antoine Nicolaï, Directeur éditorial des éditions MAÏA (maison d’édition dans laquelle j’ai déjà publié deux essais sur Giono et un recueil de poésie en collaboration avec un ami), nous a proposé d’utiliser la plateforme simply-crowd pour débuter une campagne de prévente en cette période de confinement et de pandémie avant de lancer la maquette du livre, son impression et son édition, nous avons Marc et moi-même été convaincus que c’était une bonne solution pour diffuser notre ouvrage dans un premier temps.
Nous sommes déjà en train de préparer pour l’été prochain, en espérant que nous serons sortis de cette période de confinement et de restriction des rassemblements, un événement pour présenter notre ouvrage aux habitants de Pietra di Verde dans un premier temps et en Corse et à Meaux où je réside, par la suite. Nous vous tiendrons au courant…

Chapitre I
Des Hautes-Collines à Pietra di Verde, le théâtre de la cruauté*

Carte postale du village de Pietra di Verde dans les années 1940

Pendant l’Antiquité des spectateurs assistaient avec délectation à des combats à mort dans des arènes, qui devenaient alors le théâtre de scènes effroyables d’une cruauté sans cesse renouvelée. Ainsi, la cruauté devient un élément attrayant et spectaculaire, c’est pourquoi Antonin Artaud déclare dans Le théâtre et son double que « sans un élément de cruauté à base de tout spectacle, le théâtre n’est pas possible ».
C’est cette expression d’Antonin Artaud que j’ai volontairement adoptée pour mettre en scène les personnages fictifs et les personnes réelles dans lesquelles ils s’incarnent car Pietra di Verde se niche dans un berceau de roches et de verdure à l’image du célèbre théâtre d’Epidaure, l’un des mieux conservés en Grèce. C’est au sein de cet écrin de roches vertes que j’ai installé mes protagonistes pour leur permettre un dialogue en écho orchestré par la nymphe.
« Le vent se lève, il faut tenter de vivre ». C’est sur cette citation de Paul Valery que je cède la parole à Marc Giorgi pour nous décrire le théâtre de Pietra di Verde.

* le théâtre de la cruauté est une expression introduite par Antonin Artaud pour désigner la forme dramatique à laquelle il travailla dans son essai Le théâtre et son double.

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