Je ne le voulais pas

Je ne le voulais pas, cet enfant, je ne le voulais pas, le faire mourir…
Ce roman donne la parole à toutes celles qui se sont battues et qui, malheureusement, se battent encore pour pouvoir exister après cela. Cela, c’est mettre au monde un enfant handicapé. Que fait le père? Où est-il? Que fait la médecine? Que fait la société? Que fait la religion?
Donner la parole sans les juger, donner la parole sans pour autant aller se substituer à elles. Aller avec elles affronter leurs démons après avoir extirpé de leurs entrailles le fruit maudit de leur faute. Ce roman ouvre et prolonge leur terrible face à face.

Il vous est proposé de participer à la naissance de ce livre en nous aidant à faire de sa parution prochaine avec les Éditions Maïa, un succès. Plus les préventes seront nombreuses, plus il sera promu et diffusé. En retour, vous y graverez votre empreinte et y serez mentionnés en page de remerciements (selon accord). Vous recevrez ainsi le livre en avant-première, frais de port inclus !

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Juin 1944. En violant sous ses yeux sa meilleure amie, le père de Pauline transmet à sa fille la haine du masculin. Quoi de mieux pour se venger que de mettre au monde la grâce et la féminité ? C’est ce que Pauline imagine quand elle tombe enceinte de Kurt, un ex-prisonnier de guerre allemand. Cependant, elle donne naissance à un fils. Ce nourrisson, ayant la particularité de naître dépourvu d’anus, devient le fardeau de Pauline, qui va alors commettre l’irréparable.

Fuyant un impossible face-à-face avec elle-même, Pauline quitte sa chère Normandie natale, cherchant au-delà des mers un improbable ailleurs. Le gouffre de violence fratricide d’une Algérie d’avant l’indépendance parviendra-t-il à lui rendre le souffle de la vie ?

Combien sont-elles, ces mères, seules face à ces choix destructeurs ?

Extrait de  Je ne le voulais pas  par Michel Serna

« Je n’oublierais jamais ce dimanche. J’étais seul sur le groupe. Seul pour quinze ados. Benjamin était arrivé depuis deux ou trois jours seulement. Je ne le connaissais pas encore. Je savais qu’il venait de l’hôpital psychiatrique d’Auxerre et qu’il devait avoir trois ou quatre ans quand il avait été abandonné. Je savais aussi, qu’outre ses troubles psychologiques, il souffrait d’une malformation anale importante.
Au moment du lever, une bagarre avait éclaté. Un autre pensionnaire, faisant allusion à son handicap devant le groupe, s’était moqué de lui, en se pinçant les narines. Benjamin, n’attendant que cela pour se jeter sur lui, l’empoigna par le cou en tentant de l’étouffer. Le plaquant sur le carrelage du couloir, il lui cogna violemment la tête. M’interposant, évitant comme je le pouvais ses grands coups de pieds en direction de mon visage, je finis par le maîtriser. Ses poings se desserrant, il agrippa mes cheveux en sanglotant, avant de s’effondrer et de m’appeler papa.
Ce ne fut que quelques jours plus tard qu’il me raconta.
– Tu sais, ma mère ! Tu vois les pneus de tracteurs quand ils sont coupés tout du long pour faire des mangeoires. Eh bien, pour sa fête, un après-midi qu’elle n’était pas là, partie faire des courses à Auxerre, pour la faire gueuler, j’avais tranché la gorge à tous ses poulets et canards et le les avais rangé le long du pneu. Quand elle est rentrée !!! Moi, assis au milieu d’eux, faisant semblant de lire le journal. C’est après cela qu’elle a décidé de me mettre ici.
– Je vais aller la voir, ta mère.
– Chiche, je parie qu’elle te virera séance tenante. Méfie toi quand même. Elle est bien capable de te fermer sa porte au nez en t’envoyant un bon coup de pied au cul.
– C’est ce que l’on verra. Dis moi, elle habite où au juste ta mère?
– Tu verras, tu ne peux pas te tromper. Quand tu arrives à Quennes, à la sortie du bourg, tu prends Nangis, il y a un lavoir, et bien, c’est là. Une petite maison, c’est une ancienne ferme. Il faut rentrer sans sonner, quand on est dedans, on n’entend pas.

C’était comme il avait dit. Pour tout arranger, il pleuvait. Alertée par le bruit du moteur, elle m’avait vu me garer et descendre de voiture.
– Bonjour, Jacques Mongin, je suis le nouvel éducateur de votre fils Benjamin. Je voudrais éclaircir quelques points avec vous. Je suis désolé de venir ainsi, sans prévenir.
– Je n’ai pas que cela à faire, que d’écouter des balivernes. Enfin, puisque vous êtes venu jusqu’ici.
Regardant le chien allongé de tout son long devant le poêle, pour dire quelque chose, je rajoutais :
– Vous avez un beau chien.
– C’est un berger belge. Il n’est pas comme Benjamin, lui, il est beau. Il n’a pas de poche sur le ventre au moins. Benjamin, je l’ai eu avec un boche, si vous voulez tout savoir. Et puis, tiens, je m’en vais vous le dire, comme ça, vous me foutrez la paix. J’ai voulu le tuer, mais je n’ai pas pu. C’est comme ça, le tuer en l’attachant à poil sur la galerie de ma voiture. Mais il s’est accroché à la vie. Fin de l’histoire. Alors, entre Benjamin et moi… Maintenant, vous allez me faire le plaisir de me débarrasser le plancher. Oui, avec un boche, et, ne me demandez pas pourquoi, ce n’est pas vos oignons.
Redémarrant ma voiture, je ne pus m’empêcher de la regarder une dernière fois. Fichée toute droite devant le pas de sa porte, ses mains posées sur son grand tablier gris, elle était là, muette et immobile, cherchant à me dire qu’elle aurait voulu, mais qu’elle n’avait pas pu, qu’elle n’avait pas osé me raconter qu’elle avait eu du plaisir à le faire ce gamin, bien du plaisir même, mais qu’elle en avait été punie. Madame “portes closes et bouche cousue” avait sans doute un petit prénom, mais elle aurait pu aussi s’appeler Pauline. Alors, regardant dans le rétroviseur s’éloigner sa silhouette, je me suis mis à imaginer son histoire, telle qu’elle aurait pu la vivre…. »

Bibliographie

  • Un Costume taillé sur mesure, Roman autobiographique, 2022
  • La Rencontre oubliée, Recueil de contes symboliques, 2007

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