Le Président Immobile

Le président immobile est mon troisième roman, les deux premiers (Le bourreau et l’écrivain, un amour digital) ayant été publiés en 2018 et 2019. Pendant des années, j’ai eu l’occasion au cours de ma carrière d’historien et d’archiviste de disserter autour de personnages ou de faits historiques. Avide de romans, j’ai ruminé pendant un certain temps l’idée d’inventer de mon propre chef des histoires intemporelles. Depuis quatre ans, J’ai sauté le pas en direction de la fiction, un défi redoutable.

Je fais aujourd’hui appel à vous pour réaliser ensemble ce projet d’édition. Je vous propose de contribuer à la naissance d’un livre et de devenir des partenaires pour cette création. Votre nom en tant que contributeur sera présent dans le livre et vous recevrez le livre en avant-première !

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Une ancienne collaboratrice d’un homme politique rentre d’exil. Un récit se déploie, une sorte d’allégorie du pouvoir. Dans le contexte d’une prochaine élection présidentielle, il est proposé ici de suivre de près le déploiement d’affrontements politiques en saisissant l’ambiance et l’atmosphère au sommet du pouvoir.

La fiction apporte ici le versant sensible de l’activité politicienne et militante qui va de la beauté intense de la victoire électorale aux odeurs de décomposition qui accompagnent le déclin du mandat.

Le récit d’Ombeline Flamboyse est une évasion qui se propose d’appliquer au combat politique le jugement désintéressé des choses de l’art.

Extrait

Ce lieu sur son visage

... Je n’arrive pas à l’heure, je me fais donc remarquer en pénétrant au milieu de cette grande pièce à quatre fenêtres, aux murs tendus de velours vert, ce bureau en acajou bien ciré derrière lequel se cache une silhouette aux lèvres tremblantes, des mains accrochées convulsivement au rebord du bureau. Je distingue à peine la forme d’un visage : comme certaines plantes poussent avec plus de force dans une serre ombragée qu’à l’air libre, les idées folles se multiplient de façon confuse dans l’obscurité. Un soupçon d’inquiétude commençait à m’envahir : je n’aurai jamais dû répondre à l’annonce, elle était louche, un recrutement ne se fait jamais dans ces conditions, j’aurais dû attendre une bonne demi-heure dans une anti-chambre avant de pénétrer dans le bureau, j’aurais dû me signaler au bout d’un quart d’heure, j’aurais dû vérifier la présence d’un secrétariat, etc. Lorsqu’une porte s’est ouverte si rapidement, j’ai avancé maladroitement de quelques pas dans la direction, je me sentais pleine de courage pour affronter l’inconnu.

Je dois vous raconter la suite : « Bonjour, madame, asseyez-vous, avez-vous fait bon voyage ? Voulez-vous une tasse de café ? Est-ce que je vous fais peur ? Voulez-vous que j’allume une lumière ? Nous avons une bonne heure devant nous, etc. » J’aurais préféré voir un type bien calé dans son fauteuil en train de tirer sur sa pipe. Puis d’un seul coup, voir l’homme se redresser d’un bond comme Lazare hors de son tombeau. Rien de tout cela n’est arrivé. Aucun bruit de respiration, saccadée ou non, aucune poitrine essoufflée qui ne se soulève qu’à moitié. Respiration rassurante pour celui qui peut l’entendre. Ambiance ni feutrée ni douillette. Un pièce presque vide (à part une rangée de hautes vitrines recouvertes de soie verte) plutôt impressionnante et lugubre en raison des volets mi-clos en début de matinée, aussi pesante que les opéras allemands que je me plaisais à écouter le dimanche après-midi, le pire moment de la semaine.

Une seule question allait finalement sortir de l’ombre sur un ton suraigu : « Avez-vous déjà souffert dans la vie ? » Suivie par une seconde question subsidiaire : « Pendant combien de temps ? » Une gêne m’avait subitement envahie : devais-je penser à la misère du monde qui étouffe toute joie ? Pendant que je m’apprêtais à discuter de mon futur emploi, des millions de chômeurs se bousculaient-ils sans espoir aux portes des agences et des réseaux spécialisés ? Aucun d’entre eux ne verrait assurément le bout du tunnel parce que j’étais en train de me tourmenter pour une souffrance imaginée qui ne m’indignait que légèrement. Devais-je prendre le risque de le dire tout de go ?

Je n’avais pas eu le temps de répondre aux deux premières questions qu’une troisième était arrivée sans crier gare ? « Êtes-vous disposée à vous priver d’une jouissance parce qu’elle est interdite à votre chef ? »

« –Madame, j’espère que nous allons nous revoir bientôt. » Une phrase qu’il me revenait normalement de prononcer, mais que je n’avais l’intention ni de balbutier ni d’ânonner. La voix semblait provenir d’un oiseau de nuit perturbé par les flonflons d’un bal-musette.

Pourquoi moi ? Mon profil ? Une fille sans histoire ponctuée de flirts tendance beaux quartiers, faite d’étreintes malhabiles. Une carrière de journaliste en dents de scie, une campagne réussie sur l’interdiction des éoliennes terrestres, une apparition de quelques semaines comme commentatrice sur une chaîne en continu (avant d’être broyée dans une affaire de publicité subliminale pour une marque de vêtement), la publication d’un livre à succès sur les dessous de la vie publique d’un ministre, la présidence à nouveau éphémère d’une fondation pour le soutien à l’économie circulaire. Et puis la réponse à cette annonce alambiquée : « président d’une importante société de services recherche collaborateur/trice direct (e) pour mission spécialisée à durée déterminée. »

… J’étais sortie aussi mystérieusement que j’étais entrée chez lui. Une grande chartreuse de la banlieue bordelaise entourée de hauts murs avec un jardin qui donnait sur la rue qu’il fallait traverser en suivant une allée de dalles parfaitement dessinée sur une pelouse touffue. J’avais essayé de percevoir quelques chuchotements après mon départ. Un silence à peine interrompu par un léger bruit de porte. J’ai souvenir de ce retour à une vie normale, ordinaire. Un grand malaise qui a suivi, trop embarquée que j’étais dans cet étrange nouveau projet professionnel. Aucune parole proférée, aucun bavardage inutile, plongeon la gueule ouverte dans la brume d’une aventure individuelle, comme tous les projets d’entreprise, impatience et curiosité folle, un congé pris sans assurance de se revoir. Peut-être voulait-il, en pervers patenté, briser ce quelque chose de neuf qui était apparu entre nous l’espace d’un instant. Cet homme avait peut-être tout pouvoir sur des centaines d’hommes et de femmes et le ton final qu’il avait adopté semblait celui d’un gamin malheureux de devoir quitter précipitamment sa console de jeu vidéo. Cette discordance me troublait et j’avais envie de le plaindre sans penser à la force qu’il possédait sûrement. Des bribes de pensée se bousculaient dans mon esprit : je pensais au futur, au passé, au jour présent ; je liais plusieurs personnes de mes amies aux événements présents en imaginant ce qu’elles auraient fait à ma place. Soudain, un détail m’était revenu : lui, il poussait un soupir après certaines phrases. Décrypter les rares phrases prononcées. Quant aux objets alentour, si ce n’est une boîte de loukoums vide. Des gros bras dans un espace surprotégé. Il ne manquait plus que les murs surmontés de tessons de bouteilles et de fils barbelés.

La journée suivante s’était à peine écoulée que je recevais un message laconique : pour en savoir plus, revenir chez lui à huit heures le lendemain matin. Enfin, une décision sans appel…

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