Lulu, Française du soleil

Ce texte particulier, comme un roman, me relie à une histoire familiale personnelle à teneur socio historique, ethnographique, témoignage qui couvre une longue période d’histoire de France entre colonisation et décolonisation. Il met en lumière « les oubliés de l’Histoire », rapatriés, interroge les capacités d’intégration adaptative et de résilience de ces français déplacés. Héritages et constructions identitaires plurielles sont interrogés entre joie et bonheur de vivre à travers un huis clos mère-fille.

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Description

Extrait 1-10

 

Lulu, Française du soleil« Aïe ma fille, si tu savais ! » Lulu éclate de rire, puis reste pensive un bref instant sur son lit d’hôpital. Elle sourit, réclame une bise, une caresse et parle. Parle sans fin. Son propos est accompagné d’un sourire incessant, ponctué de soupirs. Aucun répit : Lulu doit dire, doit parcourir le chemin de sa vie, celui de sa famille, de la France des colonies. Parfois l’Oranaise rit de bon cœur, soulagée de pouvoir transmettre l’histoire des siens avant et après le décret Crémieux. Roman-vrai d’une filiation, ce texte s’inscrit dans une démarche ethno-historique.

Lulu, c’est un monde disparu, celui de l’Algérie française, entre lumière vibrante et savoir-vivre gourmand de vie, celui d’une famille rieuse, optimiste, opiniâtre, qui va de l’avant en suivant les mouvements de l’histoire de France, celle de ses méandres, parfois ses cloaques. Ce pourrait n’être qu’une histoire de famille… C’est l’histoire de toute une génération bousculée par l’Histoire. Lulu, l’héroïne de ce récit, Juive oranaise et fière de l’être, pied-noir exposée à tous les ressacs méditerranéens, Lulu a traversé son siècle si peu clément, dans l’honneur et dans la dignité, en dépit des circonstances, des haines et des ressentiments d’une société qui se réclamait pourtant haut et fort des valeurs de la République… simple et poignant témoignage, cette quasi-confession, cette parole jaillissant d’une mémoire infaillible, jour après jour, sur le lit d’hôpital sera l’ultime aventure de Lulu. « Ah, ma fille ! Tant que ça me revient, il faut que tu saches… » Alors, écoutez à votre tour ce récit d’une mère Courage et Amour dans la tourmente et l’affection des siens… Le monde d’hier, pour faire face au monde d’aujourd’hui avec la foi puissante et les forces de vie.

 

Oran

Extrait

« Fierté dans la voix, fierté de l’origine, on n’est pas des sauvages venus de la savane quand même ! L’Oranaise montre le chemin avec une énergie folle. Il faudra désormais aller de l’avant avec les autres, comme les autres, on devra être comme tout le monde, ni mieux ni moins bien. Nous devrons suivre le tempo du monde nouveau.

Dans cette famille, on le sait : la terrrre finirrra bien par tourrrner rrrond, non ? Quitte à forcer parfois le destin. L’histoire qui nous précède, avec un grand ou un petit « h », je ne sais, l’a déjà mille fois prouvé, et comment ? De la ressource, on en a. Il suffit juste d’aller la saisir, la cueillir, la forcer s’il le faut. Se tenir et tenir la rampe. Mais laquelle ? Celle que le destin accordera ou qu’on s’accordera. Et le destin pousse, nous pousse.

On est tous dirigés vers le centre d’accueil, une école délestée de ses marmots pendant l’été, encombrée de lits métalliques qui avaient dû servir pendant l’autre guerre, celle de 40. Poussières de craie, acariens venus des greniers nous submergent, mais Geneviève de Gaulle, en personne, nous sert le chocolat chaud du matin. Un flot de gens hirsutes peuple les salles de classe et la cour de récré. Le soir, du côté des femmes Lulu suspend sa robe au crochet du tableau et se couche en combinaison de dentelle après nous avoir bordés, mon frère et moi, dans nos sous-vêtements. Elle rit, s’amuse de tout et sort même de son sac ; mais non, non, on ne rêve pas, elle sort des bigoudis, juste trois ou quatre, mais tout de même. Dans la débâcle, elle a pensé à ne jamais perdre sa dignité de femme : raides par nature, ses cheveux ont besoin d’une frisure quotidienne, de boucles, de mise en plis. Non, mais ! Ils nous prennent pour qui ? Hein ! Demain, elle les lavera ses cheveux dans le lavoir de la cour de récré, celui auquel on suspend des savonnettes rondes et jaunes, un peu crasseuses et craquelées par la chaleur de l’été. On n’est pas moins bien que les autres, nous, ben alors ! Lulu a donné l’élan, celui de l’affrontement paisible d’une situation qui est pour le moins chaotique. Elle a apaisé son Raymond, nous a appris pour toujours à faire face, à ne jamais perdre la face. Hum ! Facile à dire. On a essayé, on essaye encore d’être à la hauteur imposée, mais pas si facile. »

  • Les étapes de création

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