Sully M

Sully Haïm harcèle Isabelle, romancière, afin d’obtenir une entrevue, parce que sa fille Astrée a disparu. Isabelle est une femme blessée par son divorce. Elle est parvenue à se reconstruire, quand Sully fait irruption dans sa vie. Elle n’a nulle envie de recevoir cette femme qui lui paraît dérangée. Mais contre toute logique, elle finit par souscrire à la requête de Sully, car sa demande étrange et insensée à laquelle elle ne comprend rien l’interpelle. Il va se nouer entre les deux femmes une relation ambiguë, dans une ambiance lourde apportée par Sully, qui trouvera un dénouement et tout son sens au fil des événements.

L’autrice fait aujourd’hui appel à vous pour réaliser ensemble ce projet d’édition. Elle vous propose de contribuer à la naissance d’un livre et de devenir partenaires de cette création. Votre nom en tant que contributeur sera présent dans le livre que vous recevrez en avant-première !

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Description

Mes romans sont issus de questionnements sur ces moments de bascule qui plongent l’être humain dans la déraison, alors que rien apparemment ne l’y prédisposait. Ils fouillent le sentiment filial dans ses failles et ses excès, dans sa complexité et son étrangeté. Ils s’inspirent de rencontres, de faits divers et de vécus personnels librement amalgamés et romancés. Sully Haïm, traite de l’insupportable douleur à laquelle est confronté l’être humain, quand un trop-plein d’émotions violentes vient le submerger et fracturer son équilibre. Il questionne la relation mère/fille. Il questionne aussi notre part d’ombre ou notre folie ordinaire. Beaucoup de femmes et plus largement beaucoup de parents se reconnaîtront dans ce roman.

Trois femmes Sully, Astrée et Isabelle la narratrice. Trois vies entremêlées, tissées de non-dits, de mi dits, de mal dits, de douleurs enfouies, d’absences, de fantômes, de haine et d’amour. Où l’accouchement, la naissance et la mort s’immiscent en filigrane, dans l’épaisseur du quotidien, où le passé inlassablement fait irruption, offensant le présent, où la folie s’invite dans les interstices laissés vacants par les incertitudes de la raison, mais où la compassion restaure tout.

« “Notre histoire” avait commencé ainsi. Sully était venue me voir, son insistance et son forcing outrancier avaient eu raison de mon exaspération et de mes réticences. Plusieurs fois, j’avais ignoré ses courriers, bloqué ses messages téléphoniques, éludé sa présence lors de rencontres publiques, mais sa détresse et sa détermination lors de notre rendez-vous avaient fini par m’émouvoir et me convaincre. Alors j’avais accepté de la recevoir et j’avais écouté son histoire, sans bien savoir où cela me mènerait, sans bien en mesurer les conséquences ni bien savoir non plus ce que je ferais de tout cet imbroglio qu’elle me déversait au fil de nos rencontres.
Elle était là aujourd’hui, dans mon bureau, pour la deuxième fois, si petite, si frêle ! Elle n’avait pas fait de bruit, la sonnette avait à peine tinté, elle l’avait seulement effleurée, ce n’est que parce que je l’attendais, que j’ai pu percevoir la sonnerie à peine perceptible de l’interphone. Son pas était si léger qu’on aurait pu croire qu’elle se mouvait en lévitation au-dessus du plancher. C’est à peine si elle devait peser quarante kilos. Elle avait l’air si perdue, si hagarde, le teint si hâve qu’on aurait dit celui d’une toute petite fille abandonnée, égarée sur une terre inconnue, victime d’accident ou de séisme, une feuille accrochée à une branche prête à tomber au moindre souffle du vent, au moindre soubresaut de la vie. Je l’avais trouvée différente, plus effacée, moins véhémente que lorsqu’elle était venue me voir la première fois. Elle avait revêtu le masque de la détresse, ou bien avait-elle retrouvé son vrai visage, celui du désespoir ?
Néanmoins, cette mutation m’avait déstabilisée. Il me semble me souvenir que j’avais éprouvé une certaine peur, mais ne suis-je pas en train de reconstruire mes souvenirs ? Elle avait pourtant soixante-deux ans, m’avait-elle confié honteuse comme si son âge était une incongruité. Les cheveux épais, poivre et sel, noués négligemment en chignon sur la nuque la faisaient ressembler à ces sculptures de femmes antiques. Son visage était doux mais le regard était grave, la tessiture de sa voix déterminée, persuasive et pourtant très douce, ce qui lui conférait un pouvoir de séduction ambigu. 

Elle était vêtue d’un manteau léger gris et d’une écharpe mauve. Tout au long de nos rencontres, qu’il vente, qu’il neige, qu’il pleuve, été comme hiver, elle n’a jamais quitté son manteau gris ni son écharpe mauve. Un jour, intriguée, j’avais tenté de la questionner au sujet de sa manie de se vêtir ainsi, toujours à l’identique, tout au long de nos rencontres, mais son regard s’était embruni et elle ne m’avait pas répondu. Elle avait simplement resserré son manteau sur elle, enfoui son visage dans son écharpe et l’y avait laissé un long moment, silencieuse, comme si elle y avait cherché quelque chose, un souvenir, une odeur. Aujourd’hui, je sais qu’elle y cherchait sa fille. Quelques mois après, alors qu’un silence pesant s’était installé entre nous, le regard penché sur son manteau, elle avait simplement dit “C’est son manteau.”

Et s’attardant sur son écharpe, “C’est Astrée qui l’a tricotée pour moi quand elle était petite, c’était son premier ouvrage, elle en était fière et me l’avait offert pour la fête des Mères. Aujourd’hui, il n’y a plus de fête des Mères.”
Ainsi, au fil des jours, Sully enfouissait avec dévotion dans l’épaisseur de ses vêtements tout un passé sublimé avec Astrée, le retenant prisonnier pour le protéger de l’usure du temps et de l’oubli, et s’en drapait, l’accrochait à elle comme une deuxième peau protectrice, réconfortante, salvatrice. »

  • Les étapes de création

    Mon objectif est d'atteindre 990 € de préventes afin de rendre possibles la réalisation des maquettes, la correction, l'impression et la promotion. C'est pourquoi je fais appel à vous, auteurs, lecteurs et amoureux des mots ! Votre précommande permettra à mon projet de devenir réalité grâce à une équipe de professionnels. Votre appui me sera précieux et vous recevrez vos contreparties dès la fin de la campagne.