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Entretien avec Christophe Huyghe – L’Hôte

Quel a été votre sentiment quand votre livre est paru ?

Un double sentiment de satisfaction, né d’une collaboration collective, solidaire, et de gratification avec l’idée porteuse d’espoir que les personnes découvrent ou redécouvrent le théâtre, qui doit être lu avant d’être joué, et qu’ils soient désireux de lire d’autres œuvres, tout en me suivant. Le théâtre lu se savoure autant qu’un bon roman ou une autre fiction.

Quels ont été les retours des premiers lecteurs ? Que vous ont-ils dit sur votre livre ?

Ils ont été frappés par la vivacité des dialogues, par ma façon de détourner les clichés. Ils ont aimé rire intérieurement tout au long de la lecture des scènes loufoques, ils ont aimé être détournés le temps d’une pièce de théâtre de leur quotidien. Ils ont retenu certains passages, et des personnages pittoresques reviennent dans leurs propos : Monique, le limonadier, l’inconnu.

Pour citer quelques lecteurs :

•  « “L’extraterrien” est une très belle invention et sa variation sur le “je” donne du sens… Y’a plein de bonnes choses. À un moment j’ai même trouvé que c’était pirandellien… Le résultat est parfait : le limonadier est un beau personnage. »

•  « Tu as un sens du dialogue fascinant, à la fois riche, drôle, pagnolesque du nord, avec un lexique de malade, un super rythme… J’ai bien senti l’effet K-Pax sur ce texte, ainsi que des bribes du “Malade imaginaire”, et quelques effluves de Michel Audiard dans le fleurissement de certaines répliques. Parfois quelque chose d’anglais dans l’humour. »

• « J’ai dévoré avec grand plaisir notre “Hôte.” Cela fait un bien fou de sourire intérieurement… Tu es doué dans ce que tu fais. En lisant, on t’oublie et on se retrouve dans Le Moisil, dans le bar, avec Monique et ses étranges visiteurs… Monique, un peu volage, déconnectée en manque d’assurance, a néanmoins une forte personnalité qu’elle ne met pas en avant. Elle reste complaisante et coquine par-dessus tout. J’apprécie son langage et sa franchise avec des mots à elle bien trouvés et des expressions particulières… L’inconnu extraterrestre “pfléklérien” avait beaucoup à enseigner sur terre. »

Que retenez-vous de cette expérience d’édition par rapport à votre travail d’écriture ? En avez-vous tiré des enseignements ?

Les éditions MAÏA ont très bien restitué mon travail d’écriture, en conformité avec ma demande, mes exigences. C’est du bon travail, qui respecte l’auteur. Merci et bravo ! Il n’est par contre pas si aisé d’aller au-devant des lecteurs potentiels pour les convier à participer à la naissance d’une œuvre, selon la méthode pré-promotionnelle de participation collective… Il faut aller un peu contre sa tendance naturelle à ne rien solliciter, se faire un peu violence… Mais c’est une expérience intéressante et instructive.

Quelle est l’originalité de votre livre selon vous ? A-t-elle été perçue par vos premiers lecteurs ?

Une façon propre à moi de détourner le quotidien, les clichés et les montrer sous un autre angle. Le rire, le loufoque n’empêchent pas non plus la réflexion, que porte avec lui le personnage de l’inconnu, dont le message est de favoriser une sorte de conscience universelle, que nous faisons partie d’un grand tout, tout petits que nous sommes dans l’univers, en interaction avec tous les êtres, du plus infime au plus grand. Ceci est une synthèse des retours des lecteurs, et ce que j’ai voulu mettre en exergue.

Comment s’est passé votre travail d’écriture ? Avez-vous une méthode pour écrire ? Des rituels ou des astuces ?

Mon travail d’écriture s’est très bien passé, j’aime m’immerger dans mon univers intérieur pour en ressortir sur l’écran (je n’écris pas à la main) des mondes parallèles où des histoires se tissent, se nouent, dont la résonance peut paraitre étrange bien qu’ils parlent de nous, ce qui nous unit, nous différencie, etc. Paradoxalement, j’ai écrit presque toute la pièce de théâtre « L’hôte » au café, sans méthode ni plan, avec un fil directeur mental… Je n’ai pas vraiment de rituels ou d’astuces, sauf si l’on considère que le fait d’aller écrire dans un endroit extérieur tel qu’un café pour observer les gens puisse en être un, et sentir comme disait Bernanos « les respirations humaines. » Être finalement à l’intérieur de soi et à l’extérieur, c’est peut-être mon astuce. 

Envisagez-vous d’écrire un autre livre ? Si oui, sur quoi avez-vous envie d’écrire pour ce prochain livre ?

« L’hôte » n’est pas ma première pièce de théâtre publiée, puisque j’ai écrit aussi « Le dernier des pauvres, » et certainement pas mon dernier écrit, puisqu’en parallèle j’écris des poèmes, des nouvelles… Je travaille déjà à la publication de mon premier roman depuis un certain temps, qui mélangera les genres : policier, philosophie, science-fiction, humour… Tout un programme ! (Rires)

Christophe Huyghe, auteur de L’Hôte, disponible sur le site des Éditions Maïa. Cliquez ici pour le découvrir.