Entretien avec Philippe Smette auteur de Le procès du chat
Quel a été votre sentiment quand votre livre est paru ?
Le chat est venu bien souvent troubler mon sommeil. Je l’ai câliné, repoussé, engraissé, corrigé. N’est pas chat qui veut. Pacha, il a trouvé sa place dans le pavillon de mon héroïne. Deux clans se sont formés : les pour et les contre. Il m’a fallu endosser leurs amours ou détestations, prendre les habits de témoins improbables. Quand, enfin, j’ai déposé ma griffe, au bas du contrat, pour que son histoire soit contée, je me demandais quelle tête aurait mon chat-homme sur la couverture. Ce chat à la main d’homme est en pleine réflexion, comme moi.
Quels ont été les retours des premiers lecteurs ? Que vous ont-ils dit sur votre livre ?
J’ai séduit bien des femmes par cet ouvrage, en tout bien tout honneur. « Une lecture délicieuse », « Un étonnant procès ! », « Des personnages typés, on se représente très bien le transgenre, par exemple. », « Un style savoureux avec des trouvailles d’allitérations : Un chat sidéen est pour le moins sidérant. ».
Que retenez-vous de cette expérience d’édition par rapport à votre travail d’écriture ? En avez-vous tiré des enseignements ?
Il est très difficile de se faire éditer spécialement quand on sort de la prose. Je me suis inspiré de Chaucer (auteur anglais du XIVème siècle), les « vers » sont des phrases rythmées. Plusieurs retours de lecteurs imaginent le texte porté sur scène. Pour ce type d’écrit, j’ai demandé à une intelligence artificielle de me décrire la lectrice ou le lecteur qui pourrait être visé, ce que les éditeurs appellent des « persona ». La démarche peut sembler étrange mais elle est appliquée par plusieurs écrivains. Voici le résultat :
PERSONA 1 : Martine, 58 ans, « La lectrice cultivée du dimanche »
PERSONA 2 : Sophie, 35 ans, « La trentaine féministe et décalée »
PERSONA 3 : Jean-Pierre, 65 ans, « Le retraité lettré qui offre des livres »
Comment savoir si l’IA a raison ? Je trouve le jeu amusant aussi décalé que mon histoire.
Quelle est l’originalité de votre livre selon vous ? A-t-elle été perçue par vos premiers lecteurs ?
l’originalité de mon livre réside autant dans l’histoire que dans sa manière de présenter un « procès ». Nous n’entendrons jamais l’homme nu qui se fait passer pour un chat, et pour cause, il miaule et ne parle pas. Nous n’entendrons pas le point de vue du juge ni celui des avocats. Le lecteur est juge. Des témoins, tous plus étonnants les uns que les autres, donnent leur point de vue. Cela me permet d’aborder des sujets de société (la défense animale, le transgenre, le féminisme, etc.) par le biais de l’humour. La fin apportera son lot de surprises.
Comment s’est passé votre travail d’écriture ? Avez-vous une méthode pour écrire ? Des rituels ou des astuces ?
La nuit porte conseil, mes nuits sont agitées. Mes personnages me réveillent et s’ouvrent à moi. Sur une application de mon téléphone, je note les idées puis me les envoie. Le lendemain, en les retrouvant dans ma boîte mail, je prends ou je jette. Pour mes écrits, je m’empare de tout ce qui passe. Qu’une personne m’attire dans la rue, je la photographie, peut-être me servira-t-elle de modèle ? Un tableau, dans un musée ou une galerie, subira le même sort. Je suis un pilleur.
Envisagez-vous d’écrire un autre livre ? Si oui sur quoi avez-vous envie d’écrire pour ce prochain livre ?
J’ai écrit quatre autres livres depuis. Je ne les ai pas encore proposés à l’édition. Un thriller, une autobiographie, une œuvre poétique, un roman d’humour. J’aime écrire, j’aime travailler les phrases, jouer avec les mots.
Philippe Smette auteur du livre Le procès du chat disponible sur le site des Éditions Maïa. Cliquez ici pour le découvrir.