Je suis un psychopathe
À mi-chemin entre rêveur et prosaïque, je n’ai jamais vraiment su où placer le curseur.
Est-ce la peur de rêver des inepties qui m’a conduit des bancs de l’école au monde du travail ?
Ou bien le besoin de m’évader du cadre qui m’a poussé à plonger dans la pratique intensive de la musique, à chercher l’imaginaire dans la lecture et les jeux, et à laisser libre cours à mes pensées en écrivant ?
Jusqu’à présent, ce sont surtout mes tiroirs qui se sont remplis de mes écrits en tout genre, à l’abri des regards critiques. Aujourd’hui, j’ose prendre le risque de les exposer au grand jour en publiant une première nouvelle… et advienne que pourra.
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« Je suis un psychopathe » est une nouvelle qui explore les rouages de l’esprit d’un homme aux déficiences émotionnelles, une condition qui le pousse à s’adapter d’une manière bien particulière.
À travers ce texte, j’ai observé les mécanismes de jugement, d’isolement et de perception, vus à travers le prisme de l’absence d’émotion, et tout ce que cela implique dans une société remplie d’étiquettes.
Sans prétendre détenir la vérité, j’espère offrir une perspective qui, sous les traits d’une simple nouvelle sombre et dérangeante, peut inciter à la réflexion… ou à l’évitement volontaire de cette réflexion.
Être prêt à se regarder en face, en toute sincérité, peut être aussi salvateur qu’effrayant. Devriez-vous avoir peur de vous interroger sur vous-même ?
Extrait
Je suis un psychopathe.
Il y a deux choses remarquables dans cette affirmation. La première, il me semble, est qu’une déclaration de ce genre est de nature à déstabiliser quiconque la recevrait de but en blanc. La deuxième, qui vient renforcer la première, est que cette affirmation est vraie.
Évidemment, je peux tout de suite deviner les pensées de mes congénères et apercevoir l’image instinctive qu’ils auraient de moi : un couteau entre les dents, dépeçant méthodiquement et avec plaisir un individu dans une cave sombre et humide, ou je ne sais quelle horreur indicible issue de l’imagination populaire. Je vais en rassurer certains, et peut-être en décevoir d’autres : je ne fais pas ce genre de choses.
De problème, je ne considère pas que j’en ai. Ce sont les gens qui ont un problème avec moi : avec ma manière d’être, de penser, d’agir et de réagir. Ce sont eux qui ne me considèrent pas comme un individu socialement adapté à leurs us et coutumes. Je suis efficace, dans le sens le plus strict du terme.
Laissez-moi illustrer cela par une petite histoire, à l’issue de laquelle vous en arriverez sûrement à deux conclusions : la première, que je suis un psychopathe, et la deuxième, plus clivante, qu’un certain nombre d’entre vous finiront par se demander si, au fond, en étant parfaitement sincères avec eux-mêmes, ils ne le sont pas eux aussi.

