Les mystères de la dame aux chats
La trilogie « Les mystères de la dame aux chats », puis « Le chien qui aimait la cancoillotte » et enfin « Les rescapés de Compostelle » a l’ambition d’aborder des sujets de société graves, de manière plaisante, par le biais de la fiction autour d’un personnage central, le gendarme Finéas.
Au cours de ma vie professionnelle, j’ai souvent travaillé avec les représentants d’autres institutions comme la police (que je connais bien puisque ma fille y est psychologue), la gendarmerie ou l’armée en général (je suis ancien auditeur des Hautes Études de la Défense nationale).
Parmi les qualités que l’on se plaît parfois à me concéder, il y a l’amour des gens, le sens de l’écoute et le goût de l’observation.
Donc tout est vrai, et tout est faux à la fois : les gens comme les décors ou les situations !
Ainsi, la figure du gendarme Finéas est modelée à partir de deux ou trois personnages que j’ai bien connus dans la vraie vie ! Et la première page de réunion en gendarmerie, côté ambiance, aurait très bien pu se dérouler dans une inspection académique ou un rectorat…
J’écris surtout pour le plaisir !
J’ai passé une bonne partie de ma vie sur les routes, j’en ai rencontré, du monde, j’aurais aimé occuper ma retraite par exemple en m’engageant en politique, mais mon épouse m’en a dissuadé : on peut la comprendre, elle avait passé sa vie à m’attendre !
Donc l’hiver, je voyage et je m’agite par procuration, au coin du feu, en écrivant pour mon plaisir !
Cette trilogie s’adresse donc à un très large public, c’est d’abord de la distraction ! Mais sous l’habillage du polar, les réflexions sur des sujets de société, comme ici, dans « Les mystères de la dame aux chats », les évolutions de la médecine, les abandons criants de notre société face à la maladie mentale, le désarroi des familles de malades peuvent être partagés !
Extrait
« Dans cette famille, les jours se suivent dans une atmosphère de plus en plus pesante.
Il a pris l’habitude de camoufler les dégâts, de masquer autant qu’il est possible les insuffisances de sa femme, qui n’a jamais été vraiment une fée du logis. Il se débrouille. Il sait bien que, dans son dos, le petit personnel des bureaux se gausse… L’une, sa propre secrétaire, était tombée des nues en le voyant rafistoler avec un trombone l’un des boutons de sa chemise, qui ne connaissait pas souvent un coup de fer à repasser.
Le pire était l’hiver. Ils se chauffaient au bois grâce à une superbe cheminée ancienne, où l’on aurait pu cuire un bœuf entier, mais qui avait connu des jours meilleurs faute d’un entretien régulier : pour tout dire, il traînait en permanence derrière lui une tenace odeur de feu de bois, renforcée par d’âcres effluves de bistre et de résidus de combustion.
Et pourtant, il bénéficiait d’un certain capital de sympathie auprès de ses collègues, de son patron, un homme adorable, et même des organisations syndicales, bien placées pour savoir qu’il n’y avait rien à faire pour sa malheureuse épouse, que l’on avait fini par prendre en pitié. À part un minimum de jardinage et le nécessaire approvisionnement en bois de chauffage, il avait renoncé aux travaux.
C’était trop dur de constater qu’elle saccageait tout. »

