Mois : octobre 2020

Entretien avec Guy Torrens – Les Dentelles du cygne

Quel a été votre sentiment quand votre livre est paru ?

Quand le livre Les Dentelles du Cygne est paru, un sentiment d’achèvement presque de libération comme à chaque livre (cet ouvrage est le 14ème publié).

Quels ont été les retours des premiers lecteurs ? Que vous ont-ils dit sur votre livre ?

Les premiers retours de lecteurs-trices qui connaissaient déjà mon univers et de ceux qui le découvraient, ont été divers, mais tous positifs, notamment sur l’irruption poétique dans le réel, certaines nouvelles ont eu plus d’impact que d’autres (La Dérive, Le Kimono mauve ou La Minotaure Flamenca) mais ce qui a été pointé, c’est la cohérence et la construction du livre et la sensibilité des personnages.

Que retenez-vous de cette expérience d’édition par rapport à votre travail d’écriture ? En avez-vous tiré des enseignements ?

J’ai été accompagné par une équipe compétente avec qui j’ai pu échanger tant au niveau de la création de la couverture que de la correction, de la mise en page et du suivi de l’ouvrage après sa parution.

Quelle est l’originalité de votre livre selon vous ? A-t-elle été perçue par vos premiers lecteurs ?

L’originalité du livre est ce qui a été souligné par les lecteurs et que j’ai conçu comme tel : c’est-à-dire un recueil de nouvelles construit comme un roman avec différentes étapes de la vie rêvée ou réelle du narrateur. Chaque nouvelle est à la fois autonome, mais répond aussi aux autres, ce qui permet une cohérence du récit et des espaces de liberté pour le lecteur-trice. Le fil conducteur est la recherche de l’amour et aussi la perte de cet amour. Comment se reconstruire après cette perte et être capable d’aimer à nouveau. Des histoires d’amour sur fond d’illusions et de fuites. Parfois les miroirs mentent.

Comment s’est passé votre travail d’écriture ? Avez-vous une méthode pour écrire ? Des rituels ou des astuces ?

C’est un livre que je portais depuis longtemps pour rendre hommage aussi à mon compagnon décédé, j’avais noté des parties sur divers carnets et j’ai rassemblé le tout, reconstitué le puzzle ou le kaléidoscope. Ce qui est important dans mon travail d’écriture, c’est la régularité. J’écris tous les jours, l’après-midi, soit sur l’ordinateur quand je suis chez moi, soit sur des carnets que j’emporte avec moi et j’ai besoin d’un temps final (je m’isole) pour mettre en forme définitive, mais à part ce final, je n’ai aucun rituel, ni gri-gri. J’écris à partir de situations ou de personnages que je rencontre et en même temps je laisse une grande part à mon imaginaire. Une situation banale peut très vite devenir extraordinaire, d’autant que je n’ai pas de plan préétabli. La cohérence du récit se fait à la fin, je me laisse porter par l’écriture et souvent les personnages ou les situations changent au fil de l’écriture.

Envisagez-vous d’écrire un autre livre ? Si oui, sur quoi avez-vous envie d’écrire pour ce prochain livre ?

J’ai deux autres livres terminés, un roman Le Vertige du bourreau et un recueil de 100 nouvelles d’une page chacune, Les hommes se taisent parfois, même si les deux ouvrages sont différents dans leurs formes, c’est une exploration de l’expression de la violence d’Etat (le bourreau est un bourreau franquiste) et de la violence individuelle qui peut être tout aussi destructrice.

Guy Torrens, auteur de Les Dentelles du cygne, disponible sur le site des Editions Maïa. Cliquez ici pour le découvrir.

Entretien avec Caroline Granier – Mon amie, ma sclérose en plaques

Quel a été votre sentiment quand votre livre est paru ?

Lorsque mon livre est paru, un sentiment de consécration m’a envahie, un bonheur, une réussite accomplie. J’y étais arrivée.

Quels ont été les retours des premiers lecteurs ? Que vous ont-ils dit sur votre livre ?

Les retours des premiers lecteurs sont arrivés très rapidement et quelles émotions, de lire des critiques si positives telles que : « Une formidable leçon de vie, un récit touchant, au-delà des apparences, un vrai combat, rempli d’émotions » ou « La vie est une succession de leçons qu’il faut avoir vécues pour comprendre… Respect & bravo », « Une aide potentielle pour tous ceux qui se sentent perdus. »

Que retenez-vous de cette expérience d’édition par rapport à votre travail d’écriture ? En avez-vous tiré des enseignements ?

Le travail d’édition est vraiment un travail de collaboration. Les équipes des Éditions Maïa sont bien présentes et très agréables pour la mise en place et la sortie du livre. Il faut s’armer de patience, corriger puis corriger à nouveau.

Quelle est l’originalité de votre livre selon vous ? A-t-elle été perçue par vos premiers lecteurs ?

Mon livre fait partie des « témoignages ». Ce qui le rend unique, c’est que c’est mon histoire, mon combat, ma vie. Et beaucoup de mes lecteurs m’ont reconnue et ont reconnu ma force de caractère, mon courage au travers de mon livre.

Comment s’est passé votre travail d’écriture ? Avez-vous une méthode pour écrire ? Des rituels ou des astuces ?

Cela m’a pris plus d’un an pour finaliser mon livre, au début j’écrivais sur des cahiers que je gardais toujours avec moi, ça me permettait de m’évader et d’oublier ma solitude, mes attentes, mes douleurs, mon quotidien tout simplement.

Un jour j’ai regroupé tous ces cahiers, leur ai attribué des domaines et j’ai repris en créant des chapitres la construction de mon œuvre.

Envisagez-vous d’écrire un autre livre ? Si oui, sur quoi avez-vous envie d’écrire pour ce prochain livre ?

Effectivement, le tome 2 est déjà en écriture, mais il sera plus dirigé sur les projets de vie que j’ai toujours eus et jamais osé réaliser, mais qui grâce à ce premier livre sont arrivés sur mon chemin.

C’est pourquoi il faudra attendre un peu avant de pouvoir lire le second. Qui vous fera retrouver Caroline, sa force et son courage, mais aussi sa vocation.

Caroline Granier, auteure de Mon amie, ma sclérose en plaques, disponible sur le site des Editions Maïa. Cliquez ici pour le découvrir.

Entretien avec Anaëlle B. – Coloc

Quel a été votre sentiment quand votre livre est paru ?

Le sentiment que j’ai eu quand mon livre est paru, déjà, j’ai eu assez de mal à réaliser parce que ce n’est pas tous les jours qu’on sort un livre, et j’en ai toujours rêvé, mais pour moi, c’était quelque chose d’inaccessible, maintenant je m’en rends un peu plus compte et je suis plutôt fière, et très heureuse.

Quels ont été les retours des premiers lecteurs ? Que vous ont-ils dit sur votre livre ?

Les premiers avis sur mon livre venaient essentiellement de ma famille et mes lecteurs Wattpad (plateforme sociale d’histoires), ils m’ont dit qu’ils avaient bien aimé, que ce fut une belle histoire et qu’elle était facile à lire. Ma grand-mère a dit que c’était une belle histoire, mais je pouvais faire encore mieux, je sais que je peux mieux faire, car déjà ce livre, je l’ai écrit en 2015, j’avais donc 12 ans, aujourd’hui j’en ai 17, mais c’est le style d’écriture que je prends le plus de plaisir d’écrire.

Que retenez-vous de cette expérience d’édition par rapport à votre travail d’écriture ? En avez-vous tiré des enseignements ?

Je retiens des choses de cette expérience d’édition, déjà que c’est du boulot, au niveau de la promo, de la communication envers l’équipe de l’édition (Maïa) qui fait un super travail, et j’ai appris des choses dans le monde de l’écriture, de l’édition, de la promo, de la presse…  C’est vraiment un autre monde et j’adore !

Quelle est l’originalité de votre livre selon vous ? A-t-elle été perçue par vos premiers lecteurs ?

Mon livre, en vérité, je ne le trouve pas forcément original par rapport à l’histoire, mais son but était de faire rêver, car c’est un peu l’histoire dont toutes les jeunes filles rêvent. De plus, je voulais un livre facile à lire, sans prise de tête où le lecteur n’aurait pas besoin de trop réfléchir et pour passer un bon moment, un moment chill comme on dit aujourd’hui, et vu que j’avais 12 ans, je savais exactement comment l’écrire pour qu’il soit simple à lire.

Ces effets-là ont été perçus, car les retours disent souvent que le livre est simple à lire et que c’est une magnifique histoire ( «Viens de lire ton livre, il est magnifique ! Félicitations, ma grande»).

Donc que demander de plus ?

Comment s’est passé votre travail d’écriture ? Avez-vous une méthode pour écrire ? Des rituels ou des astuces ?

Alors comme je l’ai déjà dit, je l’ai écrit quand j’avais 12 ans, c’est le premier livre que j’ai vraiment terminé, je l’ai écrit en deux mois à peu près, je ne me prenais pas la tête, j’écrivais quand je le voulais, quand j’écrivais, je pouvais être absorbée par mon histoire et écrire 20 pages le même jour puis plus rien pendant 2 semaines, je n’avais pas forcement de techniques, j’ai toujours eu énormément d’imagination, c’est un trait de caractère des dyslexiques, même si la dyslexie me handicape au niveau des études et également sur les fautes d’orthographe dans mes histoires, je profite à font de ce point positif qu’elle m’apporte, cette immense imagination.

J’imaginais l’histoire dans ma tête comme un film, et je l’écrivais. Aujourd’hui, je fais encore ça, et les séries et surtout dramas coréens (séries coréennes) m’inspire beaucoup.

Envisagez-vous d’écrire un autre livre ? Si oui, sur quoi avez-vous envie d’écrire pour ce prochain livre ?

Évidemment, j’espère faire paraître d’autres livres, depuis j’ai écrit plus de 11 livres que je garde précieusement sur une clé USB. Mais à l’heure d’aujourd’hui, je me concentre plus particulièrement déjà sur mon livre COLOC et quand je peux sur deux histoires, une histoire dans le même style que COLOC mettant toujours en avant deux adolescents, mais avec une histoire plus profonde, plus creusée avec plus de suspense et un peu dans le style dramatique, mais sans être non plus très très triste, et une histoire complètement différente dans un univers post apocalyptique, mais toujours avec 2 ados mis en avant.

Anaëlle B., auteure de Coloc, disponible sur le site des Editions Maïa. Cliquez ici pour le découvrir.

Entretien avec Stéphane Fouénard – Carcasses

Quel a été votre sentiment quand votre livre est paru ?

Au moment de la parution du livre qui, il faut le préciser, était mon premier ouvrage de fiction publié après des publications jusque-là plutôt professionnelles, j’ai été à la fois fier et impatient : fier de pouvoir contempler le livre terminé, fier que mes textes partent enfin à la rencontre de lecteurs inconnus, et impatient des retours, des avis, des critiques, mais aussi de repartir dans un nouveau projet d’écriture. Comme si, quelque part, la parution de ce premier ouvrage était pour moi le commencement d’une histoire plus longue plutôt qu’une fin en soi.

Il fallait désormais se détacher du livre, le laisser vivre sa propre vie, et passer à une autre histoire !

Quels ont été les retours des premiers lecteurs ? Que vous ont-ils dit sur votre livre ?

Les premiers retours, quels qu’aient été leur teneur, m’ont tous fait chaud au cœur.

Il s’agit d’un recueil de nouvelles où les thèmes abordés, les styles, les personnages sont si différents que chaque lecteur a toujours son texte préféré, sur lequel il aime échanger, en savoir plus, discuter… c’est donc beaucoup plus simple à appréhender pour un auteur que s’il s’agissait d’un seul et même texte comme un roman par exemple… du moins j’imagine !

Des premiers retours, ce qui ressort le plus souvent est la façon dont les lecteurs disent avoir dévoré le recueil, sans cesse poussés par l’envie d’en découvrir un peu plus, savoir quelle nouvelle allait succéder à celle qu’ils venaient de terminer.

Une critique de lecteur m’a particulièrement marqué : un jeune étudiant, que je ne connais pas, a pris le temps de me faire un retour détaillé, sous forme de lettre, de chacune des nouvelles du recueil avec ses avis, ses remarques, ses joies, ses frustrations parfois, et je garde précieusement ce courrier comme la première critique vraiment marquante me concernant car émise par quelqu’un que je n’avais jamais rencontré et qui pourtant avait été pris par l’envie de me lire mais aussi de me faire un retour détaillé de sa lecture. Cela a été pour moi un grand moment d’émotion !

Il concluait ainsi son courrier : « A mon avis, Carcasses est loin d’être un livre banal, c’est un livre qui surprend, un livre qui joue du recueil de nouvelles comme peu le font ! Que ce soit le ton, l’univers, le style, les mots, le rythme, on change d’univers à chaque histoire. Je pense que cela lui donne de la force dans le sens où presque tout lecteur y trouvera au moins une nouvelle qu’il attend, mais aussi d’autres qu’il appréciera moins ! Cependant, malgré la diversité, l’esprit de l’auteur se ressent dans chaque histoire. Il y a un dénominateur commun qui nous rappelle bien qu’il s’agit d’un seul et même livre. Je pense aux critiques du pouvoir en place, la culture antique, la mort, la folie et surtout les émotions – je dirais même les instincts primaires – . J’ai toujours ressenti l’envie de l’auteur de nous donner l’impression de vivre la situation par des mots brefs, isolés, qui laissent le lecteur libre dans son interprétation. Je résumerai en lui donnant, je pense, le meilleur compliment qu’on puisse faire à une œuvre : Carcasses est pour moi une véritable expérience sensorielle ! »

Avant de m’attribuer un encourageant 16/20 pour cette première publication ! Merci cher Nicolas que je ne connais pas !

J’ai évidemment pris le temps de répondre longuement à ce courrier et ai même « offert » à Nicolas une nouvelle nouvelle encore vierge de toute lecture, si ce n’est celle de mon épouse qui est et restera ma première lectrice, ma première sévère mais juste correctrice et conseillère !

Que retenez-vous de cette expérience d’édition par rapport à votre travail d’écriture ? En avez-vous tiré des enseignements ?

Cette première expérience a été pour moi assez inattendue. J’écris depuis de nombreuses années, pour ne pas dire depuis toujours, notamment au sein d’un atelier d’écriture où, à chaque fin d’année, nous présentons, au théâtre, en public, une lecture à voix haute de notre travail. Je n’avais jamais véritablement envisagé d’écrire pour être publié… et les choses se sont un peu mises en place d’elles-mêmes. On m’a souvent répété : « Tu devrais les publier ! », « Pourquoi tu n’écris pas un recueil ? »…

Les choses ont évolué lorsqu’il y a 3 ans de cela, attiré par un concours de nouvelle (Rencontres d’Encre, à Tulle) qu’une amie de l’atelier m’avait partagé sur un réseau social, j’ai décidé de participer et ai gagné. J’ai alors pris conscience que ce que j’écrivais pouvait trouver ses lecteurs.

Et puis, un jour de confinement, j’ai décidé de reprendre les textes que j’avais écrits depuis de nombreuses années pour voir « l’état de ma production ». J’ai été assez surpris de voir qu’au final, j’avais déjà raconté bon nombre d’histoires et que tout cela faisait tout de même quelques centaines de pages ! J’ai donc relu des textes anciens, décidé de faire un premier tri, en ai rédigés de nouveaux… et nouvelles après nouvelles, mots après mots, Carcasses est né.

L’enseignement principal que j’ai tiré de cette première expérience est que, contrairement à ce que j’imaginais jusqu’à présent, proposer un livre n’était pas une mise en danger, mais plutôt une forme de partage bienveillant… même si le mot, tellement utilisé aujourd’hui, a une certaine tendance à m’agacer, je l’avoue !

Ce que je souhaite désormais, c’est travailler à l’écriture d’un livre en envisageant, dès les premières phrases, qu’il s’agira là d’un projet à partager et non d’une énième écriture solitaire.

Au final, cette première publication m’a amené à prendre davantage en considération un élément que, jusqu’à présent, j’occultais inconsciemment : le lecteur !

Quelle est l’originalité de votre livre selon vous ? A-t-elle été perçue par vos premiers lecteurs ?

La principale originalité de Carcasses réside, d’après les retours qui m’ont été faits, par mes premiers lecteurs d’abord au moment de la création du recueil, et par ceux qui découvrirent ensuite le livre à sa sortie, dans le rythme et la langue.

Même si chaque nouvelle est différente, de par son style, son histoire, son univers, son genre, on retrouve toujours une écriture particulière, un rythme, et au final, Carcasses apparaît comme une sorte de patchwork d’histoires liées entre elles par une forme de style, ce dont, sans prétention et avec une lucide humilité, je m’enorgueillis secrètement !

Comment s’est passé votre travail d’écriture ? Avez-vous une méthode pour écrire ? Des rituels ou des astuces ?

Comme je l’ai déjà évoqué concernant ce recueil, il a été conçu après qu’une majorité des textes a été écrite. Je les ai ensuite sélectionnés, repris, améliorés, allongés, raccourcis, abandonnés, en ai écrits de nouveaux… jusqu’à parvenir à cette sorte d’unité dépareillée, du moins au premier abord.

Je n’ai pas de méthode particulière pour écrire si ce n’est essayer d’écrire désormais un peu chaque jour, plutôt très tôt le matin. J’ai toujours eu la chance d’avoir besoin de peu de sommeil et dans le silence de la nuit qui s’achève et de l’aube qui s’éveille, souvent les mots me viennent et alors j’écris. C’est d’ailleurs assez étrange : sans que j’y réfléchisse, assis devant mon carnet, les mots me viennent et il s’agit alors plus pour moi de canaliser ce flot de paroles que de chercher quoi dire ! J’ai toujours été un grand bavard féru d’histoires !

En général donc, au petit matin, un café, mon stylo plume fétiche, mon carnet de l’année – chaque année, je m’offre un nouveau carnet d’écriture à remplir d’histoires, de personnages… – , la tête encore pleine de phrases que j’ai faites résonner la veille en m’endormant, je me lance dans l’écriture.

Ce que j’ai découvert avec le temps, c’est cette nécessité de ritualiser quels que soient le moment, les urgences du quotidien, les obligations professionnelles ou familiales, d’accorder un temps propre à l’écriture.

Envisagez-vous d’écrire un autre livre ? Si oui, sur quoi avez-vous envie d’écrire pour ce prochain livre ?

Ragaillardi par les avis, les retours et les « Vivement le prochain ! », j’aimerais évidemment que Carcasses soit un début et non une fin !

Je serai d’ailleurs ravi de participer, le 29 novembre prochain, à Mortain, à mon premier salon du livre en tant qu’auteur, pour y présenter Carcasses !

En ce qui concerne l’écriture et la suite, pour dire la vérité, je mène toujours plusieurs projets de front. J’ai une histoire longue, plutôt destinée à devenir un roman, à laquelle je retourne régulièrement, mais que je dois aussi parfois abandonnée quelque temps, trop impatient de faire naître sur le papier une autre histoire, un nouveau personnage, une idée qui me sont venus sans prévenir et habitent mes pensées jusqu’à ce que je me lance dans une nouvelle qui sera, à son tour, relue, reprise, retravaillée, abandonnée parfois ! J’ai aussi un besoin presque viscéral de faire sonner mes mots, et la poésie, le slam et le théâtre sont d’autres territoires sur lesquels j’aime m’aventurer. J’ai bientôt 46 ans, et pourtant, lorsque j’écris, j’ai encore le sentiment adolescent de partir dans tous les sens, de n’en faire qu’à ma tête, de n’écouter que ce dont j’ai profondément envie, d’assouvir mes caprices… sans que personne ne s’en aperçoive… et c’est bon !

Stéphane Fouénard, auteur de Carcasses, disponible sur le site des Editions Maïa. Cliquez ici pour le découvrir.

Entretien avec Nicolas Schweitzer – Frida et le peuple de la forêt

Quel a été votre sentiment quand votre livre est paru ?

De la satisfaction, bien sûr. D’autant que c’était avant tout un modeste cadeau pour ma fille que je n’avais pas prévu d’envoyer à un éditeur.

J’ai ressenti également une certaine gêne, car j’y ai mis beaucoup de moi, même si les pistes sont brouillées !

J’utilise l’écriture comme exutoire depuis mon adolescence. Et cela a toujours été quelque chose de « secret », que j’ai laissé dans les tiroirs. Lorsque vous êtes adolescent ou même jeune adulte, vous écrivez et ça vous sort des tripes. Forcément, plus tard, ça semble naïf. Du coup, rendre cette modeste histoire publique, c’était prétendre que ça valait la peine d’être lu, évoquer ma fille, me mettre un peu à nu… Ce n’est pas une chose avec laquelle je suis à l’aise.

Quels ont été les retours des premiers lecteurs ? Que vous ont-ils dit sur votre livre ?

Les retours – lorsque j’ai eu la chance d’en avoir – des enfants comme des adultes sont plutôt bons. On m’a bien entendu indiqué quelques maladresses, ce qui est précieux afin de progresser à l’avenir. On m’a également reproché une histoire bien trop courte, d’être avare de détails sur les personnages. J’ai donc raconté la jeunesse de certains d’entre eux. C’est à lire gratuitement ici : https://fr.calameo.com/books/0002590009e78710e8372

Plusieurs personnes sensibles au paganisme (pour lequel j’ai un intérêt historique et poétique) ont compris ce qui se cachait derrière certains personnages, de « La Dame du Lac » au « Peuple de la forêt »  en passant par l’évocation du légendaire Graoully qui n’est plus, dans mon histoire, le terrible monstre païen que Saint Clément jette dans la Seille mais une bête bienveillante qui protège les messins…

C’est une vraie satisfaction car c’était une sorte d’hommage, de « devoir de mémoire », très universel de mon point de vue, à l’égard de nos ancêtres bien souvent torturés ou massacrés pour se convertir à la religion du Dieu unique. Et les femmes, particulièrement, ont payé un lourd tribut… Je pense notamment aux sorcières brûlées, dont beaucoup pas très loin de chez moi (au lieu-dit des « quatre tilleuls »), à une époque pas si lointaine où il y avait un réseau de prétendues « sorcières » très actif entre Plappeville et Woippy…

A une époque où l’obscurantisme progresse et où le scientifique recule, ça me semble intéressant de parler de tout cela.

Quelle est l’originalité de votre livre selon vous ? A-t-elle été perçue par vos premiers lecteurs ?

Je n’ai pas rédigé en essayant d’être original, aussi je ne sais pas si le terme est adéquat. Je cherchais surtout à reconstituer une atmosphère que je ne respirais plus depuis longtemps, ou trop peu souvent… le tout en distillant quelques messages ici ou là. Certains semblent avoir été parfaitement reçus par des lecteurs. Même si tout n’est évidemment pas si binaire et caricatural, « Frida et le peuple de la forêt » prend un peu le contre-pied de l’époque : Avoir son propre cheminement et ne pas se laisser embrigader par les modes, les tendances, et l’effet de masse ; la solitude, l’observation et l’introspection plutôt que l’épilepsie moderne ; l’héritage culturel avant l’héritage matériel, etc.

Comment s’est passé votre travail d’écriture ? Avez-vous une méthode pour écrire ? Des rituels ou des astuces ?

Absolument pas. J’ai d’ailleurs franchement manqué de méthode pour celui-ci et c’est un des points sur lequel il va falloir que je travaille. J’essaie simplement d’écrire lorsque j’ai le temps, ce qui n’est pas fréquent, en tentant de restituer les atmosphères que j’affectionne suffisamment bien pour que le lecteur s’y plonge aisément.

Envisagez-vous d’écrire un autre livre ? Si oui, sur quoi avez-vous envie d’écrire pour ce prochain livre ?

Oui, et je l’ai débuté en même temps que Frida… mais pour être honnête cela fait des mois que je n’ai plus le temps de m’y atteler. J’espère néanmoins achever mon manuscrit dans le courant de l’année prochaine, même si rien n’est moins sûr !

Ce sera toujours dans la même veine, toujours en essayant de valoriser ma région qui souffre d’une image industrielle désastreuse alors que le patrimoine naturel existe, et qu’il est largement sous-estimé !

Il y aura davantage d’actions également, et il sera moins enfantin sous certains aspects. Je reste donc sur les fondamentaux et les thèmes qui m’intéressent, les seuls qui m’apparaissent comme essentiels.

Nicolas Schweitzer, auteur de Frida et le peuple de la forêt, disponible sur le site des Editions Maïa. Cliquez ici pour le découvrir.

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