Entretien avec Bernard ALBERT auteur de Le Syndrome du but atteint – Le Fusible
Quel a été votre sentiment quand votre livre est paru ?
Une libération, fini de corriger, de recorriger, de reprendre les tournures de phrases, de chercher des synonymes, de réécrire des paragraphes entiers pour en définitive ne pas faire mieux, de douter de ma légitimité d’auteur. J’étais libéré d’une tâche monumentale. Ce compagnon du quotidien ne m’appartenait plus. Je l’avais cédé aux Editions Maïa avec l’espoir de le voir, sous leur tutelle, conquérir son public.
Toutefois, simultanément à la pression qui retombait, se substituât l’état de manque, connu de ceux qui viennent d’achever un long et intense périple, une fatigue extrême, une sensation proche de la dépression. Mon objectif atteint, mettait fin à l’effervescence qui boostait mon cerveau en le dopant à la sérotonine.
En proie du “syndrome du but atteint”, pour recevoir de nouvelles doses de l’hormone du bonheur, il me fallait retrouver les mêmes conditions en me fixant un nouveau challenge. Écrire un autre roman
Quels ont été les retours des premiers lecteurs ? Que vous ont-ils dit sur votre livre ?
L’enthousiasme a été général. Tous parlaient de ce roman avec tant de qualificatifs bienveillants que j’avais le sentiment de ne pas en être l’auteur. Moi qui pensais n’avoir aucun style, un libraire a déclaré que je me situais entre Flaubert et Maupassant, quant à l’approche des personnages. J’ai cru sur l’instant qu’il plaisantait. Il était sérieux.
Beaucoup d’autres réactions valorisantes dont celle-ci à lire en annexe.
À les entendre, ce n’est pas un roman, mais dix romans que j’ai écrits. Chacun, s’est approprié le récit à sa façon. Ce livre est devenu leur aventure dans laquelle ils se sont identifiés à certains personnages. Tous ont concédé qu’ils avaient beaucoup appris sur les ressorts du monde de la spéculation et de l’impact psy sur les prises de décisions.
Ils ont mis aussi l’accent sur la fluidité de lecture, l’envie d’en savoir plus, ces ingrédients majeurs qui sont à la base du plaisir de lire.
Que retenez-vous de cette expérience d’édition par rapport à votre travail d’écriture ? En avez-vous tiré des enseignements ?
Cette expérience d’édition n’est pas la première. Un précédent livre a été publié par les Editions Edouard Valys dans d’autres conditions.
Chez Maïa, nous devons avoir la double compétence de savoir écrire des livres qui puissent intéresser un public, et de posséder la fibre commerciale pour vendre ses bouquins. Dans ce domaine, j’atteins très rapidement mon seuil de compétence. J’ai donc peu de chance d’être lu par un grand nombre.
Quelle est l’originalité de votre livre selon vous ? A-t-elle été perçue par vos premiers lecteurs ?
L’originalité réside dans le manque de talent du personnage principal pour réussir dans le monde de la spéculation. Son succès sera le fruit de sa ténacité et d’une idée de génie : s’allier à un psychiatre et monter une salle de trading avec des autistes Asperger.
La trame est un grande et belle aventure romanesque où l’ambition et l’amitié sont les moteurs. Des surprenantes rencontres, des personnages hors norme, des multiples rebondissements et l’inattendue histoire d’amour agrémentent avec bonheur le récit et retiennent le lecteur en haleine.
Sous l’égide du très sympathique psy, tous se surprennent à se passionner à suivre les cheminements psychologiques et les études comportementales des personnages , cela écrit dans un langage accessible à tous.
Les lecteurs ont été conquis par l’originalité du sujet, par les personnages, les rebondissements qui font que tous espèrent une suite.
Comment s’est passé votre travail d’écriture ? Avez-vous une méthode pour écrire ? Des rituels ou des astuces ?
Ma méthode est de ne pas en avoir. Je me mets immédiatement à la tâche lorsqu’une idée se pointe. Je travaille de midi à minuit.
Je m’identifie totalement aux personnages. Je ressens leurs émotions, leurs états d’âme. Je ne fais qu’un avec eux.
Et puis, beaucoup d’heures de travail.
Sur le chantier, tu remettras mille fois ton ouvrage.
Je ne recours à aucune aide d’une IA, uniquement au correcteur d’orthographe qui ne corrige pas tout et, commet lui aussi parfois des erreurs.
Envisagez-vous d’écrire un autre livre ? Si oui sur quoi avez-vous envie d’écrire pour ce prochain livre ?
Oui, j’ai quatre autres romans écrits à affiner, et un autre en cours de rédaction, et des idées qui demandent à être traduite par les touches de mon ordi.
Si oui, sur quoi avez-vous envie d’écrire pour ce prochain roman ?
La guerre en Syrie, en cours de relecture.
Deux très jeunes filles Kurdes, capturées par une brigade islamiste, vont réussir à fuir avec l’aide de deux jeunes français enrôlés contre leur gré. Elles n’auront de cesse que de vouloir venger les leurs. Elles entraineront leurs amis d’une guerre à une autre.
Dans ce récit romanesque, aucun jugement de valeur sur telle ou telle faction ou croyance, uniquement de l’action et du ressenti.
L’idée directrice était comment l’amour peut naître dans des situations extrêmes de guerre et sur la capacité de gens ordinaires à se dépasser pour survivre.
Bernard ALBERT auteur du livre Le Syndrome du but atteint – Le Fusible sur le site des Éditions Maïa. Cliquez ici pour le découvrir.