Entretien avec Paméla Boutin Fournier auteure de Mariés à un choix
Quel a été votre sentiment quand votre livre est paru ?
Une joie indescriptible. C’est la concrétisation d’un projet qui me tenait particulièrement à cœur. On passe du rêve à quelque chose de tangible, de réel. Une immense fierté, mais aussi une véritable chance : celle de pouvoir partager mes histoires, mes réflexions et, surtout, ma passion pour le théâtre.
Quels ont été les retours des premiers lecteurs ? Que vous ont-ils dit sur votre livre ?
Les retours des premiers lecteurs sont très positifs. Ils ont particulièrement apprécié la simplicité et la fluidité de la lecture. Beaucoup m’ont confié avoir commencé une histoire sans pouvoir la lâcher avant d’en connaître la fin. Ce qui les a le plus touchés, c’est la rencontre avec des personnages à la fois simples et sincères. Mon cercle proche m’a dit me reconnaître dans certaines histoires. Quant aux autres lecteurs, ils se sont identifiés à certaines situations, ou bien cela leur a rappelé un ami, un proche. Certains sont satisfaits des choix des couples mis en scène, d’autres parfois en total désaccord, mais tous se disent interpellés. Ce qui revient le plus souvent à propos de ces textes, c’est cette invitation à réfléchir sur des sujets fondamentaux.
Que retenez-vous de cette expérience d’édition par rapport à votre travail d’écriture ? En avez-vous tiré des enseignements ?
Travailler avec une maison d’édition, c’est le début d’une grande aventure. Totalement novice dans ce domaine, j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir un univers nouveau et passionnant. Cette expérience m’a permis de comprendre les différentes étapes de l’édition : du dépôt du manuscrit à sa validation, en passant par les corrections, la création de la maquette, la production, puis la promotion. Ce cheminement m’a appris à lâcher prise sur mon texte et à accueillir les regards extérieurs. J’ai réalisé à quel point l’écriture, souvent vécue de manière intime et solitaire, prend une autre dimension lorsqu’elle est partagée. Cette aventure m’a fait grandir, autant en tant qu’autrice qu’en tant que personne.
Quelle est l’originalité de votre livre selon vous ? A-t-elle été perçue par vos premiers lecteurs ?
En écrivant ces pièces, j’avais avant tout la volonté d’approcher une certaine vérité. Lorsque l’on parle de théâtre, certaines personnes expriment parfois un rejet, souvent lié à de vieux souvenirs de pièces classiques ou de spectacles jugés trop abstraits, notamment découverts durant la scolarité. J’avais envie de dépoussiérer ces idées reçues et de montrer à quel point le théâtre est un art vivant. Je voulais rappeler que le théâtre est une forme d’écriture formidable, capable de faire rire, vibrer, réfléchir, mais aussi de bouleverser. J’aime écrire sur des sujets sensibles, donner la parole à celles et ceux que l’on n’entend pas toujours, mettre en lumière des émotions, des situations ou des silences souvent laissés de côté. En écrivant, mon souhait est que le lecteur puisse se faire son propre film, croire à ce qui est écrit, aller à la rencontre de personnages sincères, sans les juger. Mon ambition est d’écrire le théâtre de la vie, sans paillettes ni artifices. La vie réelle est déjà extraordinairement riche : nul besoin de fantastique pour émouvoir ou toucher profondément. Le vrai, le simple, atteint souvent le cœur avec plus de force. À la lumière des retours de mes premiers lecteurs, j’ai le sentiment d’avoir, au moins en partie, touché du doigt cette aspiration.
Comment s’est passé votre travail d’écriture ? Avez-vous une méthode pour écrire ? Des rituels ou des astuces ?
Depuis des années, dans un petit coin de ma tête, je me disais que, si j’avais du temps, je me lancerais un jour dans l’écriture. Lors d’un stage de théâtre, un professeur nous a demandé de créer une production autour du thème « un geste d’amour ». De cette consigne est née « Cheffe de famille », la première pièce du recueil. En voyant l’impact que cette histoire avait eu sur les comédiens qui m’entouraient, j’ai compris que je ne pouvais pas m’arrêter là. D’un simple exercice d’écriture est alors née une forme d’urgence. Les idées se sont mises à affluer, les sujets à se bousculer, et à chaque pièce terminée, j’avais ce besoin d’en démarrer une autre. Je n’ai pas vraiment de méthode. Je pars généralement d’une thématique, je choisis les noms de mes personnages, puis je me lance devant mon ordinateur sans savoir exactement où l’histoire va me mener. Je ne construis pas de scénario à l’avance : le récit se crée au fil de l’écriture, comme un film qui se déroule dans ma tête. Lorsque je me retrouve en panne, notamment pour trouver une fin, je prends le temps de m’éloigner, souvent en allant marcher en forêt. Ce moment de respiration me permet de laisser infuser les choses, et une idée finit toujours par surgir, prête à être couchée sur le papier dès mon retour.
Envisagez-vous d’écrire un autre livre ? Si oui sur quoi avez-vous envie d’écrire pour ce prochain livre ?
Pendant l’écriture de mon premier livre, je savais déjà que j’allais en écrire un second. L’urgence d’écrire n’était pas terminée. À peine le premier achevé, je me suis lancée dans l’écriture du deuxième, que j’ai rédigé en quelques mois. Ce nouveau recueil aborde la période de l’adolescence, à la fois courte, intense et parfois chaotique. Il met en lumière les difficultés auxquelles les adolescents peuvent être confrontés, celles qui peuvent les entraîner dans une profonde noirceur. Mais il parle aussi de celles et ceux qui veillent sur eux : ces présences discrètes ou essentielles, capables de tendre la main au bon moment et d’aider ces jeunes à trouver une issue, une lumière.
Paméla Boutin Fournier auteure du livre Mariés à un choix disponible sur le site des Éditions Maïa. Cliquez ici pour le découvrir.