Entretien avec Mouna B. auteure d’En morceaux
Quel a été votre sentiment quand votre livre est paru ?
Lorsque mon livre est paru, j’ai ressenti un mélange très fort d’émotions. Il y avait évidemment de la fierté, mais surtout une grande vulnérabilité. Publier ce texte, c’était accepter de rendre visibles des parts très personnelles de moi-même, longtemps restées silencieuses. J’ai aussi ressenti un certain soulagement : celui d’avoir mené ce projet au bout, d’avoir donné une existence concrète à une histoire qui m’habitait depuis longtemps. C’était à la fois vertigineux et profondément apaisant. En parallèle, une forme de doute s’est installée : cette sensation de ne pas mériter pleinement ma place, de me demander comment on devient réellement auteur, et à quel moment on ose se reconnaître comme tel.
Quels ont été les retours des premiers lecteurs ? Que vous ont-ils dit sur votre livre ?
J’ai eu peu de retours, mais uniquement des retours sincères. Tous ceux qui ont lu le livre ont été touchés par les personnages, sans doute parce qu’ils se reconnaissent, au moins en partie, en Ach ou en Amary.
Que retenez-vous de cette expérience d’édition par rapport à votre travail d’écriture ? En avez-vous tiré des enseignements ?
J’ai aussi appris que la vie d’un livre dépend avant tout de son lectorat. Seuls les lecteurs peuvent continuer à le faire vivre dans le temps. De nos jours, beaucoup de livres semblent avoir une forme de date de péremption : une vague d’intérêt qui, malheureusement, finit par s’estomper, sans toujours laisser percevoir le long travail et l’investissement des auteurs.
Quelle est l’originalité de votre livre selon vous ? A-t-elle été perçue par vos premiers lecteurs ?
L’originalité de mon livre réside, selon moi, dans sa sincérité et son approche très introspective. Il ne cherche pas à embellir la souffrance ni à la dramatiser, mais à la montrer telle qu’elle est, avec ses contradictions, ses silences et ses zones d’ombre. Les premiers lecteurs ont bien perçu cet aspect : beaucoup ont parlé d’un texte vrai, sans filtre, qui ne donne pas de leçons mais invite à l’introspection et à une forme de bienveillance envers soi-même. La plupart des personnes ont déjà traversé une période difficile, et ce qui fait du bien, c’est de trouver quelqu’un qui parvient à mettre des mots sur nos maux.
Comment s’est passé votre travail d’écriture ? Avez-vous une méthode pour écrire ? Des rituels ou des astuces ?
Mon travail d’écriture est très intuitif. Parfois, je fais des rêves que je note avant de les oublier, et ils deviennent des scènes. D’autres fois, je suis émue par un roman ou une série, et cela m’inspire. Mais la plupart du temps, l’écriture naît de mon expérience, de mon passé et de mon vécu. J’essaie de retranscrire du mieux possible des émotions que j’ai moi-même traversées, comme une manière de leur donner du sens. Il arrive aussi que l’écriture réponde à un besoin de me confier, comme si je m’adressais à quelqu’un. Cette sincérité psychologique peut toutefois m’étouffer dans mes propres romans ; dans ces moments-là, je m’arrête d’écrire pendant un temps. Puis, sans prévenir, revient une vague irrépressible, et j’écris alors des chapitres entiers, presque sans interruption.
Envisagez-vous d’écrire un autre livre ? Si oui sur quoi avez-vous envie d’écrire pour ce prochain livre ?
Oui, j’envisage tout à fait d’écrire d’autres livres. J’en ai déjà auto-publié deux et mon chemin est loin d’être terminé. J’aime particulièrement explorer la psyché humaine. J’ai encore beaucoup de choses à aborder, notamment autour de la santé mentale, de l’identité, des relations humaines et de la reconstruction. J’aimerais continuer à écrire des romans psychologiques, centrés sur des personnages sensibles et imparfaits, comme nous tous, et proposer des histoires capables de toucher émotionnellement tout en invitant à la réflexion, ou parfois simplement un roman qui parle de lui-même.
Mouna B. auteure du livre En morceaux disponible sur le site des Éditions Maïa. Cliquez ici pour le découvrir.