Entretien avec Naemis auteur d’Un demi-siècle d’une vie bien remplie
Quel a été votre sentiment quand votre livre est paru ?
C’était un mélange d’émotions. D’abord, une immense fierté : tenir l’objet entre ses mains après des mois d’attente, c’est un moment unique.
Écrire une autobiographie, c’est se livrer, accepter de partager ses ombres et ses lumières. C’était comme si une partie de ma vie, jusqu’alors dans l’ombre, prenait enfin forme et sens.
Il y avait aussi une certaine appréhension, car on ne contrôle plus rien une fois que le livre est entre les mains des lecteurs. Il y a aussi une forme de vulnérabilité, car on livre une partie de soi au lecteur, avec l’espoir que le message touche, émeuve ou fasse réfléchir.
Et puis, il y a l’excitation de partager cette aventure avec les premiers lecteurs, les proches, et de découvrir leurs réactions.
Quels ont été les retours des premiers lecteurs ? Que vous ont-ils dit sur votre livre ?
Ce qui m’a le plus marquée, c’est la diversité des réactions : des lecteurs m’ont remercié d’avoir osé parler de sujets parfois difficiles, d’autres m’ont avoué avoir mieux compris certaines de mes décisions, ou, de ne pas avoir été assez loin dans la description de certains passages du livre. Ces retours m’ont confirmé que l’autobiographie n’est pas seulement un exercice solitaire, mais une véritable rencontre avec les autres.
Beaucoup m’ont dit s’être sentis « proches », et, avoir découvert des facettes de ma vie qu’ils n’avaient jamais imaginée.
Que retenez-vous de cette expérience d’édition par rapport à votre travail d’écriture ? En avez-vous tiré des enseignements ?
L’écriture d’une autobiographie est un dialogue avec soi-même. On creuse ses souvenirs, on cherche les mots, on doute, on se révèle.
Mais l’édition, elle, est une aventure collective : c’est le moment où le texte quitte son auteur pour être façonné par les regards extérieurs – ceux de l’éditeur, des correcteurs, des premiers lecteurs.
J’en retiens surtout l’importance d’accepter que le livre ne m’appartienne plus tout à fait une fois publié. J’ai aussi appris que l’édition, est un vrai service qui permet de garder l’équilibre : entre la fidélité à son récit et le désir de toucher les autres.
J’ai surtout compris au fil des chapitres, les raisons de certains échecs familiaux, les ruptures avec des proches, qui sont devenu des blessures mal soignées. Écrire est une belle thérapie, pratiquement une thérapie de groupe grâce aux futurs lecteurs.
Une citation de Nicolas Schoffer :
« Écrire, c’est se révéler, ou encore révéler les images renvoyées par nos propres miroirs découvrant à la fois nos trésors cachés ? c’est-à-dire nous-même ? et les reflets de notre environnement tels que nous les captons. »
Quelle est l’originalité de votre livre selon vous ? A-t-elle été perçue par vos premiers lecteurs ?
Mon livre raconte cinquante ans d’une vie riche en expériences, en rencontres et en défis. Ce qui le rend unique, c’est son authenticité : j’ai voulu partager mon histoire, avec ses hauts, ses bas, ses doutes et ses joies. Ce n’est pas seulement un récit, c’est un morceau de vie et surtout d’optimisme.
Les premiers lecteurs ont souvent dit que cette sincérité les avait touchés. Beaucoup ont retrouvé dans mon parcours des échos de leur propre existence, et c’est ça, qui est intéressant, réaliser que son histoire peut parler à d’autres, bien au-delà de ce qu’on imagine. Peut être pour certain, donner de l’espoir.
Comment s’est passé votre travail d’écriture ? Avez-vous une méthode pour écrire ? Des rituels ou des astuces ?
Écrire ce livre a été à la fois un défi et une aventure passionnante. Je n’ai pas de méthode, les souvenirs, l’envie de raconter mon passé. Je dirai, que le texte qui sortait de mon inspiration du moment, coulait sans réflexion et construisait simplement les chapitres, Rien n’était à inventer, c’était ma vie. J’ai noté des idées, des souvenirs, ou des phrases qui me venaient en dehors des moments d’écriture.
Pour structurer ce demi-siècle de vie, j’ai commencé par lister les moments clés, les rencontres marquantes, puis j’ai laissé les souvenirs guider le récit. Je me suis aussi fixé des petits objectifs : un chapitre par semaine, par exemple, pour ne pas me décourager.
Et surtout, je me suis autorisé à écrire « mal » dans un premier temps. L’important était de tout poser sur le papier, puis de retravailler ensuite. La réécriture a été tout aussi essentielle que l’écriture elle-même.
Envisagez-vous d’écrire un autre livre ? Si oui sur quoi avez-vous envie d’écrire pour ce prochain livre ?
L’écriture de ce premier livre a été une expérience tellement enrichissante qu’un second projet est déjà en préparation. Cette fois-ci, j’aimerais m’orienter vers le genre du roman thriller, un univers qui m’attire particulièrement.
Je souhaite raconter une grande aventure, rythmée par les voyages, afin de partager avec les lecteurs des lieux que j’ai eu la chance de découvrir moi-même. Au cœur de l’histoire, il y aura la quête d’un père prêt à tout pour retrouver sa fille. Il y aura sans doute une part d’autobiographie inconsciente.
Une chose est certaine : si ce projet voit le jour, il naîtra, comme le premier, d’une émotion ou d’un message que je considère essentiel à transmettre. Pour moi, l’écriture reste un moyen de m’évader dans l’imaginaire tout en gardant un lien fort avec la réalité.
Naemis auteure du livre Un demi-siècle d’une vie bien remplie disponible sur le site des Éditions Maïa. Cliquez ici pour le découvrir.