Entretien avec Marie-Élise Besin auteure de Je suis née à 54 ans

Entretien avec Marie-Élise Besin auteure de Je suis née à 54 ans

Quel a été votre sentiment quand votre livre est paru ?

La parution de mon premier livre a été un instant très émouvant pour moi. Depuis toujours je rêvais d’écrire et avoir en main mon ouvrage fut une réelle fierté et une grande joie profonde, presque irréelle.

C’est une sensation singulière de savoir que mes écrits vont à présent, rencontrer des lecteurs et peut-être résonner pour chacun bien différemment. C’est une nouvelle aventure que je suis ravie de vivre.

Il y avait également une forme de vertige, tous ces mots ne m’appartenaient plus tout à fait, mon manuscrit allait désormais vivre sa propre vie entre les mains des potentiels lecteurs.

J’ai également, aussi, ressenti plein de gratitude envers mon entourage qui m’a soutenu, autant mes enfants que mes amis, ils m’ont conseillé, lu, corrigé et encouragé.

Au-delà de tous ces émotions il y avait aussi une grande curiosité, comment allaient être reçus mes écrits, aurais-je des lecteurs et comment cet ouvrage allait être reçu, compris, interprété

Enfin, au-delà de l’émotion, cette publication a représenté pour moi à la fois l’aboutissement d’une aventure personnelle et le commencement de futurs projets d’écriture.

Quels ont été les retours des premiers lecteurs ? Que vous ont-ils dit sur votre livre ?

Les premiers retours de lecture ont été très encourageants et constructifs. Les lecteurs ont particulièrement apprécié la fluidité du récit et l’envie sans cesse de connaître la suite. Plusieurs d’entre eux m’ont indiqué avoir été touchés par l’émotion et la sincérité de la narration. Certains ont souligné que le livre suscite la réflexion tout en restant accessible et prenant. Dans l’ensemble les lecteurs ont décrit un ouvrage captivant, émouvant et ont exprimé un réel intérêt pour sa publication, retours forts encourageants et constructifs. Plusieurs lecteurs m’ont confié avoir été touchés par la dimension humaine du récit et par la sincérité de l’écriture avec un format original non par chapitres mais par jour, comme un journal intime. Ce qui m’a le plus marqué, c’est la manière dont chaque lecteur s’est approprié mon histoire : ce chemin vers la résilience. Ces retours m’ont conforté dans l’idée que cette biographie, premier opus d’une série à venir, peut susciter à la fois compréhension, émotion et palpitation. Dans l’ensemble, ces premiers retours m’ont conforté dans l’idée que ce que j’écrivais pouvait trouver un écho auprès des lecteurs et m’ont encouragé à écrire les suites de ce que je vis au jour le jour.

Que retenez-vous de cette expérience d’édition par rapport à votre travail d’écriture ? En avez-vous tiré des enseignements ?

Cette expérience d’édition a été pour moi une étape très différente de celle de l’écriture. L’écriture autobiographique relève d’un mouvement intérieur, intime guidé par l’émotion. Le travail éditorial, lui, m’a amené à prendre du recul, à regarder mon ouvrage sous un autre angle. J’ai compris que l’écriture gagne toujours à être accompagnée d’un regard extérieur et que la fidélité à son histoire n’exclut pas un réel travail littéraire. Cette expérience m’a permis de progresser en matière d’écriture et apporter la fierté de pouvoir me présenter aujourd’hui comme auteur littéraire. Cela m’encourage à poursuivre ce travail de rédaction et donner corps à la suite de cet opus.

Quelle est l’originalité de votre livre selon vous ? A-t-elle été perçue par vos premiers lecteurs ?

L’originalité de ce livre tient d’abord à sa forme et à son rythme d’écriture. C’est une autobiographie écrite au fil du temps, nuits après nuits. Le texte ne s’organise pas par chapitres traditionnels, mais en fragments de vie correspondant à des moments réels d’écriture. C’est un cheminement intérieur et ce choix participe à l’authenticité du livre. Il ne s’agit pas d’un travail rétrospectif mais d’une parole qui se déploie dans le temps au plus proche de mon vécu. Cette forme d’écriture peut dérouter au début mais cela peut finir par créer une relation directe avec le texte et la tentative d’exprimer mes émotions. La nuit a joué un rôle essentiel dans la naissance du livre, espace de recul, de sincérité et d’écoute intérieure, certainement plus vulnérable. L’absence de chapitres renforce cette impression de cheminement intérieur que le lecteur accompagne pas à pas. Les retours des lecteurs ont confirmé que la forme de journal nocturne constitue l’un des aspects les plus singuliers de l’ouvrage et l’un des éléments essentiels de son identité.

Comment s’est passé votre travail d’écriture ? Avez-vous une méthode pour écrire ? Des rituels ou des astuces ?

Mon travail d’écriture s’est déroulé entièrement la nuit. Tout y est plus calme, plus silencieux, plus apaisé. La nuit crée une atmosphère différente, propice à l’introspection et la sincérité. Mon ouvrage s’est ainsi construit progressivement, dans la continuité au fil des nuits. J’avais quelques rituels, simples mais essentiels, j’allumais une bougie parfumée, de l’encens, je me préparais un thé ou un café. Ces gestes marquaient l’entrée dans le temps de l’écriture. Mon chat, Pearl, venait souvent s’installer près de moi, à côté de l’ordinateur et son ronronnement contribuait à créer un climat de calme et de concentration. Toutes ces petites choses formaient un cadre rassurant propice à une forme de méditation. Je n’ai pas véritablement d’astuces et techniques à transmettre, sinon d’écouter son propre rythme. Pour moi, écrire la nuit a été une expérience profondément salutaire, une forme de libération et d’apaisement. Ce processus m’a donné l’élan de continuer à écrire et a naturellement ouvert la voie à d’autres narrations futures que je poursuis aujourd’hui.

Envisagez-vous d’écrire un autre livre ? Si oui sur quoi avez-vous envie d’écrire pour ce prochain livre ?

J’envisage effectivement d’écrire d’autres livres et j’ai déjà commencé. Pour moi, cette démarche s’inscrit dans la continuité de ce que je vis, ce que je ressens. L’écriture nocturne reste au cœur de ce processus, elle me permet de déposer ce qui est difficile à vivre, de libérer mes émotions et de transformer mes expériences en mots. Écrire la nuit est devenu vital, presque instinctif. C’est un moment de soulagement, un espace où je peux aller mieux, me comprendre et avancer. Cela est devenu intrinsèque à ma vie, mon équilibre et mon épanouissement. Chaque nouveau livre est une nouvelle étape de ce chemin intérieur et continuer à écrire me semble aujourd’hui indispensable, comme un prolongement de mon premier ouvrage, une suite logique. Chaque nouveau livre s’annonce comme une exploration de cette intimité, un chemin que je poursuis nuit après nuit. La nuit est devenue le fils invisible qui relie mes mots à mon existence et continuer à écrire est aujourd’hui une nécessité profonde et lumineuse.

Marie-Elise Besin auteure du livre Je suis née à 54 ans disponible sur le site des Éditions Maïa. Cliquez ici pour le découvrir.