Entretien avec Guillaume Journot auteur de Santa Anna – Le « Napoléon de l’Ouest » – Tome I

Entretien avec Guillaume Journot auteur de Santa Anna – Le « Napoléon de l’Ouest » – Tome I

Quel a été votre sentiment quand votre livre est paru ?

Une certaine fierté car ce travail a demandé quelques années de recherche et d’écriture, de l’acharnement et une bonne dose d’optimisme pour parvenir à le faire éditer.

Quels ont été les retours des premiers lecteurs ? Que vous ont-ils dit sur votre livre ?

Les retours ont été plutôt positifs, à ma grande surprise d’ailleurs puisque c’était mon premier véritable travail d’écriture complet. Certains lecteurs m’ont parlé d’un ouvrage bien écrit, fluide et qui se lit comme un roman. D’autres ont insisté sur la qualité du travail de recherche historiographique et l’enthousiasme qu’ils ont ressentis à découvrir une histoire peu connue, fourmillant d’anecdotes et de détails sur une région du monde si peu traitée en France et qui a pourtant été directement impactée par les événements venus de France à l’époque.

Que retenez-vous de cette expérience d’édition par rapport à votre travail d’écriture ? En avez-vous tiré des enseignements ?

L’édition à proprement parler s’est bien déroulée avec un certain respect du travail d’écriture et du manuscrit en lui-même. Peu de retouches, des échanges efficaces et une bonne qualité dans le produit final.

Quelle est l’originalité de votre livre selon vous ? A-t-elle été perçue par vos premiers lecteurs ?

L’ouvrage aborde un personnage historique très peu connu du public français et pourtant fort marqué par la période napoléonienne. A travers le récit de la vie incroyable de ce général mexicain, j’ai aussi voulu mettre en lumière une partie du monde peu traitée dans l’historiographie française et qui subit à l’époque les contrecoups de la Révolution Française ainsi que de l’aventure impériale qui en a découlé. La chute de l’empire colonial espagnol, la prépondérance anglaise sur le continent bien avant la projection de la puissance américaine, le rôle singulier de l’Eglise et des militaires dans la région… tout cela était peu traité et fait partie des retours positifs que j’ai eu de certains lecteurs.

Comment s’est passé votre travail d’écriture ? Avez-vous une méthode pour écrire ? Des rituels ou des astuces ?

Sur un travail qui a duré environ trois ans, l’écriture en elle-même n’a pris que quelques mois car l’essentiel représentait surtout une recherche constante de sources historiographiques, en anglais et en espagnol principalement. Sur environ deux cents sources documentaires, j’en ai retenu une centaine pour relater du mieux possible l’histoire de mon personnage avec toujours la volonté de ne pas rendre le tout indigeste et illisible.

J’ai aussi organisé une sorte de découpage : tout d’abord la construction du « squelette » du récit. À peu près cent cinquante pages traçant la vie du personnage mais à travers plusieurs thèmes qui allaient m’aider à bâtir le chapitrage : vie politique, relations internationales, évolutions juridiques, aspects militaires mais aussi vie sociale des Mexicains à cette époque, place de l’Eglise, de l’armée etc… Une fois le « squelette » bâti, je façonnais les muscles et les nerfs : les liens vers les sources historiographiques, le récit détaillé de certains épisodes importants, les personnages clés qui ont compté dans la vie du général… Enfin venait l’épiderme, la peau du récit : le choix des illustrations, de la couverture, la mise en place des chapitres et des sous-chapitres.

Ce type d’organisation m’a permis de ne pas me perdre complètement dans mon projet et de garder une ligne directrice forte tout au long de mon travail.

Envisagez-vous d’écrire un autre livre ? Si oui sur quoi avez-vous envie d’écrire pour ce prochain livre ?

J’ai actuellement deux projets en tête : l’un est un roman se présentant sous la forme d’un anachronisme culturel : le récit se déroule à notre époque mais l’action se place au cœur d’un pays inconnu vivant encore aux temps de la première guerre mondiale. Ce projet est déjà bien avancé mais demande encore un gros travail de recherche sur des domaines divers : architecture, pilotage d’avions, ingénierie, mode et j’en passe…

Le deuxième projet est encore au stade embryonnaire mais traiterait d’un obscur apparatchik soviétique devenu leader de l’URSS… une autre biographie historique en somme mais je pense adapter ce travail qui nécessiterait de sacrées recherches dans les caves du Kremlin… or les temps actuels ne prêtent pas trop à l’optimisme quant à la bonne volonté des Russes de rouvrir leurs archives ! Mais « expectandum est », nous verrons cela plus tard…

Guillaume Journot auteur du livre Santa Anna – Le « Napoléon de l’Ouest » – Tome I disponible sur le site des Éditions Maïa. Cliquez ici pour le découvrir.