Entretien avec Kanëlia Ricordeau auteure de Nate Swan

Entretien avec Kanëlia Ricordeau auteure de Nate Swan

Quel a été votre sentiment quand votre livre est paru ?

Voir Nate Swan publié a été un moment assez difficile à décrire. J’étais évidemment très heureuse, mais il y avait aussi beaucoup d’émotion et une certaine appréhension. Écrire est quelque chose d’assez intime pour moi, alors savoir que cette histoire allait désormais être lue par des personnes que je ne connaissais pas était à la fois impressionnant et très gratifiant. Tenir le livre entre mes mains pour la première fois a vraiment rendu les choses concrètes.

Quels ont été les retours des premiers lecteurs ? Que vous ont-ils dit sur votre livre ?

Les premiers retours m’ont beaucoup touchée, notamment parce que plusieurs lecteurs se sont attachés aux personnages et à leur histoire. C’est probablement ce qui m’a fait le plus plaisir : savoir que des personnes avaient ressenti quelque chose en lisant un univers et des personnages qui, jusque-là, n’existaient que dans mon imagination.

Que retenez-vous de cette expérience d’édition par rapport à votre travail d’écriture ? En avez-vous tiré des enseignements ?

Cette expérience m’a surtout permis de prendre davantage de recul sur mon écriture. Lorsqu’on écrit seule, on peut rester très longtemps plongée dans son histoire sans forcément la regarder avec un œil extérieur. Les différentes étapes qui mènent du manuscrit au livre publié m’ont appris à relire mon texte autrement, à accepter de le retravailler et à comprendre qu’un roman continue d’évoluer bien après l’écriture du premier jet. C’est une expérience que je pourrai forcément mettre à profit pour mes prochains projets.

Quelle est l’originalité de votre livre selon vous ? A-t-elle été perçue par vos premiers lecteurs ?

Nate Swan est une histoire qui m’accompagne depuis très longtemps, puisque j’ai commencé à l’imaginer et à l’écrire en 2017. Certains éléments sont inspirés de vécus familiaux, ce qui rend ce roman particulièrement personnel à mes yeux. 

J’aime beaucoup écrire à travers un point de vue masculin, et avec Nate, je voulais surtout parler de reconstruction. À travers lui, j’ai essayé de retranscrire les traumatismes que peuvent laisser les violences, mais aussi tout le chemin qui suit : la difficulté à guérir, les rechutes, le courage qu’il faut pour avancer et la force mentale que cela demande.  

Le roman pose également une question qui me tenait à cœur : comment construire une histoire d’amour lorsque l’on est soi-même encore abîmé par son passé ? Pour moi, l’amour n’efface pas les blessures et ne répare pas miraculeusement quelqu’un. Il peut cependant accompagner une reconstruction qui reste profondément personnelle. 

J’ai été particulièrement touchée de voir que certains lecteurs avaient justement perçu cette dimension du personnage de Nate, ses blessures, ses failles et son évolution. C’était important pour moi que sa reconstruction ait autant de place que son histoire d’amour.

Comment s’est passé votre travail d’écriture ? Avez-vous une méthode pour écrire ? Des rituels ou des astuces ?

Je fonctionne beaucoup à partir des idées qui me viennent. Dès que j’en ai une, je la note et je commence à la développer. J’ai aujourd’hui plusieurs cahiers remplis d’idées ou de projets que j’aimerais un jour transformer en histoires. 

Lorsque je décide de commencer réellement l’écriture de l’une d’elles, j’ai besoin de la structurer dans son ensemble. Je construis l’histoire du début à la fin, je développe les personnages, les événements, la chronologie et les différentes étapes du récit. Cela me permet d’avoir une direction claire avant de me lancer pleinement dans l’écriture. 

Mais un plan n’est jamais figé. En écrivant, on modifie, on corrige, on supprime parfois des passages entiers et on en ajoute d’autres auxquels on n’avait pas pensé au départ. Une histoire évolue constamment à mesure qu’on l’écrit. 

Alors, si je devais donner une seule astuce, ce serait tout simplement de se lancer et de laisser son esprit et son imagination s’exprimer. L’écriture est un moyen de communication extrêmement profond et personnel. Elle permet parfois de dire des choses que l’on aurait du mal à exprimer autrement. 

J’aime imaginer l’écriture comme une graine. Au départ, elle est toute petite, presque invisible. Puis, à force de travail, d’idées, de corrections et de patience, elle grandit, évolue et prend forme. Jusqu’au jour où elle devient une fleur. C’est seulement à ce moment-là que l’on peut réellement découvrir tout ce qu’elle avait à offrir, sa beauté, sa singularité, son parfum. 

Alors il ne faut pas avoir peur de commencer petit. Une simple idée peut parfois devenir une histoire entière.

Envisagez-vous d’écrire un autre livre ? Si oui sur quoi avez-vous envie d’écrire pour ce prochain livre ?

Oui, j’ai envie de continuer à écrire et plusieurs projets occupent déjà mon esprit. Je souhaite continuer à explorer les émotions et les personnages qui portent chacun leurs failles et leur histoire. J’aime particulièrement m’intéresser à ce qui se cache derrière les apparences et à la manière dont les expériences façonnent une personne. Je préfère toutefois garder encore un peu de mystère autour de mes prochains projets tant qu’ils sont en cours d’écriture.

Kanëlia Ricordeau auteur du livre Nate Swan disponible sur le site des Éditions Maïa. Cliquez ici pour le découvrir.