Entretien avec Fabrice Lakdja auteur de Éloge de la glandouille

Entretien avec Fabrice Lakdja auteur de Éloge de la glandouille

Quel a été votre sentiment quand votre livre est paru ?

Et maintenant… que vais-je en faire ?

Quels ont été les retours des premiers lecteurs ? Que vous ont-ils dit sur votre livre ?

Quelques-uns de mes vieux amis ont été plutôt laudatifs :

L’un d’eux m’a écrit :
Je viens de terminer la lecture de ton ouvrage : « Éloge de la glandouille. »
Lecture fort agréable, distrayante et, ma foi… très reposante. Mais sa principale vertu est d’être déculpabilisante ! Je suis enfin soulagé de constater que ce que je prenais pour de la fainéantise et qui me tracassait tant n’était en réalité qu’une vertu essentielle et nécessaire aux esprits féconds. J’ai passé le test de glandouillométrie avec un score très honorable, même s’il reste encore quelques marges de progression pour atteindre le niveau « expert ».

Et un autre :
Cher Fabrice,
Comme chacun le constate bien, des vieillards deviennent atrabilaires, cacochymes, acariâtres et même acrimonieux !
Tu sembles y échapper (du moins pour l’instant…) et la lecture de ton livre contribue à nous en faire échapper également !
Merci pour cet « Éloge de la glandouille » qui a beaucoup plu à mes filles de passage à la maison pendant quelques jours,
et en plus avec la photo de l’auteur en 4e de couverture… effet « Wouah » garanti !
Par amitié, pour toi, je me suis abstenu de leur montrer ta caricature-signature de tes courriels !
Je laisse mon dernier mot aux Pensées de Blaise Pascal :
« Tout le malheur des hommes vient de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre. »

Un troisième ami de plus de 30 ans :
À propos de l’« Éloge de la Glandouille » :
De l’ouvrage, à l’excellente illustration de couverture, on ne peut qu’apprécier le sujet ludique et transgressif (si, quand même !..), l’humour pétillant et cultivé, la verve para-Rabelaisienne du style, qui habite et « réjouit » l’intégralité du texte…
La « Glandouille », objet de l’étude, y est effectivement observée sous des angles « divers et variés », quasi-exhaustifs (historique, géographique, sociologique, philosophique, etc.) ; le propos virevoltant sans cesse tourne autour de cet unique concept d’une pratique comportementale louée et recommandée… Et chacun te remerciera de chercher à promouvoir la salubrité publique !
Mais justement, j’aurais, pour ma part, accepté, contrastant avec un statut de divertissement univoque (but certes principal), afin d’en accentuer la portée pédagogique et, connaissant le niveau de ta culture scientifique, un soupçon « d’approfondissement » : au moins un paragraphe visant, sinon à objectiver, du moins à étayer au plan neurobiologique (même en argumentation simplifiée) la thèse de l’intérêt sanitaire de cette fameuse « Glandouille »…
Car il est également établi — en tous cas prétendu — qu’une activité physique minimale (ou optimale) régulière est également bénéfique sur de nombreux plans. Il est vrai que celle-ci ne serait pas incompatible avec des moments répétés et multiples de « lâcher prise »… Mais y a-t-il des doses recommandées ? Quelles sont les recettes expertisées, précisées, « scientifiquement conseillées », pour SAVOIR BIEN FAIRE, en pleine efficience éclairée, ce « Ne rien faire » ?
J’ai en effet trouvé le « mode d’emploi » un peu théorique, en tous cas difficile à appréhender et à concrétiser pour un réfractaire (involontaire) de l’hypnose tel que moi-même… (mais n’ai pas fait d’essai avec le script !).
Un mécanisme d’action « physiologique » est certes un peu abordé (p. 53) ou lorsque « les sciences sont convoquées », mais en arrière-plan, de façon très effacée (c’est ainsi que je le ressens, mais c’est sûrement délibéré), par rapport à la dimension humoristique, en fait motivation centrale voire exclusive (et fort louable) de l’ouvrage.
Œuvre de fiction ? Antoine a raison de te déclarer non cacochyme. Tu as cependant bien changé !…
Car tous les lecteurs qui eurent la chance de croiser le chemin du « spécimen FL », à l’hyperactivité constitutionnelle débordante, seront surpris d’apprendre que, désormais, il passe le plus clair de son temps à rêvasser sur un canapé ! Mais ceci relève peut-être du hiatus entre vie réelle et production littéraire…
Et sur ce plan-là, on n’est pas déçu du « voyage » : même en volume réduit, l’opus offre à déguster un concentré humoristique digne d’un Alphonse Allais ou autres plaisantins. Texte dont les tournures, trouvailles, anecdotes… insolites et/ou instructives mettent en joie (et autrement que chez Spinoza !), évasion qui éloigne pendant un temps (de la lecture et espérons-le bien davantage) des contingences du quotidien.
C’est donc une production intégralement humoristique : un feu d’artifice incessant et des plus distrayants qui, dans ce domaine, est une authentique réussite. Qu’elle soit issue d’un proche, je l’apprécie encore. Comme Antoine, je la proposerai à la lecture de ma descendance (mais ce ne sera pas pour tout de suite).
Alors que moi, sans attendre, ayant assez abusé de ta patience légendaire, je prends congé en remerciant mon hôte et ami Fabrice « pour ce moment », et pour tous les autres que sa présence a enrichis et enjolivés… et en soulignant, s’il en était besoin, que ce billet amical ne doit être pris en compte que comme un amusement, passe-temps de retraité (trop) sédentarisé…
Salut et fraternité !

Un autre non moins proche :
Cher Fabrice,
Je ne suis pas vraiment étonné : tellement cela fait partie de toi.
Admiratif de ta compétence, de ta vigueur au travail, de ton polymorphisme et de ton humour, je te félicite pour ce nouveau pas en avant.
Hors de question que je manque le soutien à ce projet plus que brillant.
J’ai souscrit d’autant plus facilement que, à la retraite, je fais la sieste presque tous les jours.
Préviens-nous pour la dédicace, qu’on ne manque pas ce moment important de l’édition littéraire !

Cependant, d’autres, moins dithyrambes à mon endroit, m’ont dit ou fait savoir qu’ils avaient regretté quelques redondances, mais aussi le fait que ce n’était pas très original : arguant que d’autres auteurs avaient déjà parlé d’éloge de la paresse, de l’oisiveté (auteurs que j’ai d’ailleurs mentionnés dans mon ouvrage).
Mais j’ai précisé que, si nous « subissons » l’oisiveté comme la paresse, il faut retenir que nous choisissons de « glandouiller », ce qui nous permet de le faire en nuance, en l’occurrence.

Que retenez-vous de cette expérience d’édition par rapport à votre travail d’écriture ? En avez-vous tiré des enseignements ?

Du fait de la campagne de prévente, qui a eu un certain succès précocement, j’ai pu prendre contact avec beaucoup d’anciens amis — moi qui suis en retraite depuis 10 ans. Cette « jubilacion » nous exclut de la sphère professionnelle et, même, d’une certaine manière, amicale.

Un bémol cependant : je dois avouer que ce procédé m’a mis quelque peu mal à l’aise. J’avais l’impression de forcer la main de mes destinataires et amis pour l’acquisition du livre… mais bon !

Quelle est l’originalité de votre livre selon vous ? A-t-elle été perçue par vos premiers lecteurs ?

J’ai annoncé que ce livre m’a été inspiré par les patients que je recevais pour burnout et qui souffrent souvent d’un sentiment de honte du fait de l’arrêt de leur travail et de la perception d’une certaine imposture.

Je leur explique que l’arrêt de travail est une prescription médicale nécessaire, décidée par le médecin, à l’instar d’une antibiothérapie, qui le serait en cas d’infection bactérienne, et qu’ils n’ont donc pas à culpabiliser. J’ajoute souvent : vous êtes victimes de ce qui vous arrive !

Le ton plutôt humoristique a été apprécié et accueilli favorablement, voire suscité une adhésion à ma proposition « thérapeutique ».

Comment s’est passé votre travail d’écriture ? Avez-vous une méthode pour écrire ? Des rituels ou des astuces ?

Je suis un vieux médecin hospitalier et ai eu la chance dans ma très longue carrière de disposer de temps — hormis la clinique — pour publier divers articles scientifiques sur différents thèmes, tels la douleur, l’hypnose, l’anesthésie, la physiologie, le burnout, la psychologie…, et aussi d’organiser de nombreuses rencontres, des colloques, des congrès sur ces thèmes.

J’ai aussi osé co-écrire quelques bandes dessinées, en l’occurrence, et d’autres ouvrages plus scientifiques.

Lorsque je lis un article ou un livre, je dispose systématiquement d’une feuille de papier et d’un crayon et je prends très souvent des notes que je reporte sur mon ordinateur pour les ranger ensuite, en me disant : « Cela peut me servir plus tard. » Cette richesse documentaire m’est très précieuse pour produire des écrits. Je n’invente rien : je thésaurise, je compile et je façonne à ma façon les rédactions.

En outre, je m’inspire des alertes Google… c’est ainsi que, lorsque j’ai eu l’idée de la glandouille, j’ai inscrit : paresse, oisiveté, fainéantise… Et, dans ma liste des alertes que je recevais régulièrement, j’en faisais le tri et en piochais les éléments pertinents pour les inscrire dans le dossier de mon ordinateur intitulé « glandouille », ensuite un jeu de puzzle lexical…

Envisagez-vous d’écrire un autre livre ? Si oui sur quoi avez-vous envie d’écrire pour ce prochain livre ?

Je viens d’achever un livre, avec un de mes amis, sur la douleur, qui doit paraître en octobre, dont le titre est « La douleur au-delà du cri ».

J’ai sous le coude deux autres ouvrages commencés il y a deux et trois ans à affiner : l’un sur « Pèlerinage en juronie », l’autre sur la jalousie envisagée dans le cadre de sa maîtrise par la psychothérapie, et je les ai déjà soumis à des éditeurs.

Fabrice Lakdja auteur du livre Éloge de la glandouille disponible sur le site des Éditions Maïa. Cliquez ici pour le découvrir.