Entretien avec Marco Paumero auteur de À travers les méandres de la vie
Quel a été votre sentiment quand votre livre est paru ?
Lorsque « À TRAVERS LES MÉANDRES DE LA VIE » est paru, j’ai ressenti une immense émotion. Je n’aurais jamais imaginé écrire un livre. C’est le drame et mon combat sans fin qui ont bouleversé ma vie qui m’ont d’abord poussé à tenir un petit journal personnel, puis, en le complétant au fil du temps, l’idée d’en faire un livre est née.
Mon objectif était avant tout de faire connaître ce drame, parce que je ne supportais pas qu’il soit caché, ignoré et oublié des administrations. Je voulais que les gens sachent.
Lorsque j’ai appris que mon manuscrit avait retenu l’attention de plusieurs maisons d’édition, j’en ai eu les larmes aux yeux. Je n’étais pas certain qu’il puisse plaire, malgré tout ce que j’y avais écrit avec mes pleurs, mes tristesses et mes chagrins, jour après jour. Savoir que des professionnels avaient été touchés par mes mots a été pour moi un moment profondément bouleversant.
Quels ont été les retours des premiers lecteurs ? Que vous ont-ils dit sur votre livre ?
Les premiers lecteurs sont pour la plupart des personnes qui me connaissent et qui me suivent depuis longtemps. Beaucoup n’ont malheureusement pas pu acheter le livre faute de moyens, mais ils continuent à me suivre sur les réseaux sociaux, à me féliciter et à m’encourager. Certains me disent qu’ils sont derrière moi et qu’ils croient qu’un jour la vérité finira par être connue, notamment lorsque mon histoire pourra être portée à la connaissance des médias.
Ceux qui ont lu le livre m’ont dit que mes mots étaient forts et touchants. Ils ont été émus de découvrir combien ce parcours avait été difficile. Plusieurs m’ont dit que si mes mots avaient autant de force, c’était parce qu’ils venaient directement de mes « cris du cœur ». Leurs encouragements et leurs félicitations m’ont profondément touché.
Que retenez-vous de cette expérience d’édition par rapport à votre travail d’écriture ? En avez-vous tiré des enseignements ?
Cette expérience m’a fait comprendre qu’un livre ne s’arrête pas au moment où il est publié. Il y a tout un travail derrière, et une continuité qui demande de toujours apprendre et de chercher à se perfectionner.
Je dois vous avouer que j’ai relu mon livre plusieurs dizaines de fois, en modifiant très souvent certains passages, avec le souci que le lecteur puisse comprendre mes émotions et, autant que possible, se mettre à ma place en me lisant. C’est un travail considérable.
Cette expérience m’a aussi permis de mesurer et d’apprécier davantage le talent de toutes celles et ceux qui écrivent. Auteurs, écrivains, journalistes… Ainsi que les maisons d’éditions qui font un travail énorme.
À toutes, à tous, je leur adresse aujourd’hui toute mon admiration, car lire, écrire, construire sont un apprentissage permanent.
Quelle est l’originalité de votre livre selon vous ? A-t-elle été perçue par vos premiers lecteurs ?
Pour moi, l’originalité de ce livre est d’avoir transformé un drame profond, cruel et douloureux en un témoignage écrit, alors que pendant des années je me suis heurté au silence et à des portes qui ne se sont pas ouvertes. Je me suis battu pour que cette histoire soit connue, mais je n’ai pas trouvé l’écho que j’espérais auprès des institutions et des médias. Alors j’ai décidé de l’écrire moi-même, pour qu’elle ne tombe pas dans l’oubli.
Sans ce livre, je me demande encore comment cette histoire aurait pu être connue. Il est devenu pour moi une autre manière de me faire entendre.
Les lecteurs qui l’ont découvert ont justement ressenti cette force. Ils m’ont dit que mes mots étaient difficiles, mais profondément touchants, parce qu’ils venaient d’une histoire vécue et de 10 longues années de combat. Je crois que c’est cette sincérité, plus que toute recherche de style, qui donne au livre son originalité.
Je tiens également à exprimer ma profonde reconnaissance aux Éditions Maïa. En acceptant de publier ce livre, elles m’ont permis de faire connaître une histoire qui, sans cette publication, serait probablement restée totalement inconnue. Au-delà de l’édition d’un livre, elles ont contribué à donner une voix à une histoire qui cherchait depuis longtemps à être entendue. Pour cela, je leur adresse mes remerciements les plus sincères et toute ma reconnaissance.
Comment s’est passé votre travail d’écriture ? Avez-vous une méthode pour écrire ? Des rituels ou des astuces ?
Non, malheureusement, je n’avais pas vraiment de méthode. Pendant les cinq premières années, j’écrivais chaque jour dans mon journal. C’était pour moi une forme de thérapie, une manière de soulager ma douleur chaque jour qui passait, de mettre des mots sur ce que je vivais et de pouvoir continuer à avancer malgré tout. Et mettre par écrit ce que je vivais et ce que je ressentais.
Lorsque j’ai eu l’idée d’en faire un livre, au début de la -ème année, j’ai dû tout relire, reprendre mes écrits et construire un véritable plan de travail. Je me suis aussi rendu compte que, pour un livre, je ne pouvais pas entrer directement dans le vif du sujet. Il fallait construire une histoire « Une vraie », donner au lecteur les éléments nécessaires pour comprendre et avancer avec moi. J’ai malheureusement dû effacer quelques résumés qui pourtant avaient leurs importances. Le livre étant trop volumineux, je n’avais pas le choix.
Le plus difficile a été de trouver une fin logique. La justice mauricienne conservant les dossiers sans jamais me donner de nouvelles sur leur suivi, je ne savais pas comment cette histoire pouvait se terminer. Je pressentais seulement qu’elle risquait de mal se terminer.
Puis, au fil des années, certains souvenirs, certains faits et certaines questions me revenaient : Qui, pourquoi, comment certaines choses avaient-elles pu se passer ainsi ? J’ai donc repris mon travail encore et encore, en apportant de nombreuses modifications.
Ce livre m’a demandé énormément de temps et de travail. Il s’est construit au fil des années, avec mes souvenirs, mes réflexions et une partie de ce que j’avais vécu.
Envisagez-vous d’écrire un autre livre ? Si oui sur quoi avez-vous envie d’écrire pour ce prochain livre ?
Oui. Depuis que j’ai eu l’idée de faire de mes écrits un livre, j’ai également commencé à composer des poésies, avec l’idée d’en faire, à terme, des recueils.
J’ai aussi commencé un nouveau livre au mois de janvier de cette année. Ayant acquis un peu d’expérience, je sais mieux comment le construire. Le titre que je lui donne actuellement est « Ce qui nous sommes devenus », mais il s’agit pour l’instant d’un titre provisoire, qui pourra encore évoluer au cours de l’écriture.
Ce nouvel ouvrage s’inscrit dans une démarche différente du précédent. Il ne sera pas centré sur une histoire personnelle, mais davantage sur une réflexion autour de l’être humain, de sa conscience, de son rapport aux autres et au monde qui l’entoure.
Le livre est encore en cours d’écriture et je préfère donc ne pas en dévoiler davantage pour le moment.
Marco Paumero auteur du livre À travers les méandres de la vie disponible sur le site des Éditions Maïa. Cliquez ici pour le découvrir.