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Entretien avec Frédéric Alemany – Repenser un monde commun

Quel a été votre sentiment quand votre livre est paru ?

En tant qu’artiste, je suis habitué à exposer mes idées et mes émotions sous différentes formes et médias. La publication de ces essais de philosophie est l’aboutissement inattendu d’un parcours de plus de 10 ans d’écritures de pensées personnelles qui m’ont permis de me positionner dans la conduite de ma vie.  L’écriture est déjà un acte constitutif de la pensée, la publication une existence sociale en tant qu’auteur. Se positionner comme philosophe confère un autre statut qui change le regard des autres. Je dévoile d’un coup à mon entourage une activité que je menais secrètement. J’ai mis du temps à prendre la décision de publier ces écrits.

Quels ont été les retours des premiers lecteurs ? Que vous ont-ils dit sur votre livre ?

Je n’ai que très peu de retours critiques de lecteurs pour le moment !  Cela tient peut-être à la nature du texte qui aborde des thématiques philosophiques parfois complexes. Je m’adresse à tous les lecteurs sans encombrer le texte de références à d’autres philosophes. Je reprends à mon compte une pensée philosophique pour en faire apparaître les fondamentaux. Je trace ainsi des repères qui permettent à chacun de réfléchir à des notions que nous utilisons quotidiennement comme la vérité, le bien, le beau. J’ai ainsi des lecteurs qui dévorent les trois essais en quelques heures et d’autres qui butinent les différents paragraphes au hasard ou suivant leur intérêt du moment.

Que retenez-vous de cette expérience d’édition par rapport à votre travail d’écriture ? En avez-vous tiré des enseignements ?

C’est encore un peu tôt pour savoir si je vais poursuivre l’écriture. Je fabrique des installations artistiques et j’écris avant tout pour organiser ma pensée. C’est chose faite avec ce livre et sa publication n’a pas modifié ma perception. Ce fut un acte difficile et qui m’a demandé un certain courage dont je suis aujourd’hui très heureux. Je me demande pourquoi j’ai attendu si longtemps pour envisager la publication de ces pensées ? J’ai reçu un encouragement sincère de mon entourage et j’ai été largement soutenu par mes relations amicales et professionnelles. Ce fut une surprise de constater l’importance que les autres accordées à la publication de mon premier livre et le soutien que j’ai reçu !

Quelle est l’originalité de votre livre selon vous ? A-t-elle été perçue par vos premiers lecteurs ?

Ce sont des essais philosophiques abordables par tous les lecteurs qui permettent de réfléchir sur soi, le monde actuel et notre relation aux autres. Je crois qu’il pose de vraies questions et qu’il guide une réflexion large et générale. Pour autant, il faut prendre le temps de se questionner pour suivre les chemins de la philosophie. Chacun aborde cette réflexion de façon originale, par rapport à soi et au moment culturel que nous vivons. Chaque pensée sincère, authentique est originale, mais la mienne prolonge et fait sienne une histoire de la philosophie et de l’ontologie. 

Comment s’est passé votre travail d’écriture ? Avez-vous une méthode pour écrire ? Des rituels ou des astuces ?

J’écris très rapidement avec de longues périodes de réflexions et de lectures. L’écriture est le temps où je dépose ces pensées, car j’ai besoin d’avoir un positionnement clair dans la conduite de ma vie. L’acte d’écriture est constitutif d’une pensée réfléchie. Sans quoi tout reste brouillon ! Il faut écrire pour soi avant de penser aux autres comme dans la création d’une œuvre d’art. Ici l’écriture de la pensée nous aide à nous construire par cet acte tendu vers un espace extérieur. C’est l’écriture qui est importante. La publication vient après, comme une heureuse surprise !

Envisagez-vous d’écrire un autre livre ? Si oui, sur quoi avez-vous envie d’écrire pour ce prochain livre ?

Je me suis aperçu que le titre de cet ouvrage Repenser un monde commun était plutôt celui de mon prochain livre. Finalement j’ai posé dans celui-ci  les bases de la pensée rationaliste occidentale dans la relation sujet-objet. C’est peut-être de là qu’il faut repartir pour repenser notre rapport au monde et aux autres. Qu’est-ce que cela veut dire de reconsidérer le monde comme sujet ? C’est à cette conclusion et à cette question qu’aboutit ce premier livre, une marche indispensable pour effectuer ce retournement philosophique à venir : Il y a probablement dans la philosophie positiviste que nous partageons, une bifurcation à effectuer pour ne plus se positionner comme sujet dominant …

Frédéric Alemany, auteur de Repenser un monde commun, disponible sur le site des Éditions Maïa. Cliquez ici pour le découvrir.

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