Entretien avec Jean-Yves Leandri auteur de Lorsque la France était là-bas

Entretien avec Jean-Yves Leandri auteur de Lorsque la France était là-bas

Quel a été votre sentiment quand votre livre est paru ?

D’une certaine façon, le sentiment du devoir accompli parce que j’ai voulu témoigner de ce que fut la réalité de la vie quotidienne de mes parents, de mes aînés et des populations locales, dans ces différents pays où j’ai vécu, dans ces pays qui faisaient alors partie de l’empire colonial français.

Quels ont été les retours des premiers lecteurs ? Que vous ont-ils dit sur votre livre ?

J’ai été surpris par la variété des commentaires spontanés qui m’ont été adressés :

  • Tu remets les pendules à l’heure,
  • Tu m’as appris beaucoup de choses sur l’Afrique et Madagascar et pourtant, j’ai vécu plus longtemps que toi à Madagascar !
  • J’ai été sensible à votre capacité à restituer ce regard d’enfant, puis d’adolescent sur ces évènements que vous avez vécus.
  • La vie d’une famille de militaire n’est pas simple, la vôtre a été particulièrement mouvementée.
  • Merci d’avoir souligné le rôle bénéfique des médecins militaires qui ont tant fait pour les populations indigènes et dont nul ne parle.
  • Vous rendez un bel hommage à vos parents et particulièrement à votre mère qui s’est dévouée au Niger pour les populations nomades.
  • Ce qui m’a impressionné à vous lire, c’est la sincérité et la générosité de votre récit sur l’œuvre colonisatrice de la France.
  • Un récit passionnant qui m’a permis de mieux comprendre ce qu’était la période coloniale.
  • Une belle histoire vécue ; j’ai recommandé votre livre à des amis.

Que retenez-vous de cette expérience d’édition par rapport à votre travail d’écriture ? En avez-vous tiré des enseignements ?

Je me suis lancé dans cette aventure animé de la volonté de témoigner, d’apporter ma modeste pierre à l’édifice de la Vérité. C’est un défi audacieux. Je me suis donc imposé d’être rigoureux dans la chronologie des faits et de leur contexte. C’est sans doute parce qu’ils m’ont prêté cette capacité de rigueur intellectuelle que tant de contributeurs ont souscrit à l’édition de mon livre. De même, la phase de préparation qui a précédé l’écriture de la première ligne a été primordiale car, s’il importe de laisser sa liberté à l’esprit pour construire son récit, ‘’le hasard ne favorise que les esprits préparés’’, ainsi que l’a dit Louis Pasteur. Une relecture incessante est également indispensable pour corriger les fautes de frappe et les lourdeurs de style, pour remodeler les chapitres. La lecture sur écran ne permettant pas la vision globale du manuscrit. Il convient donc d’en faire un tirage sur format A4 qui constitue un bon outil pour affiner le travail d’écriture.

Quelle est l’originalité de votre livre selon vous ? A-t-elle été perçue par vos premiers lecteurs ?

J’imagine que mes premiers lecteurs ont pu découvrir, à la lecture de cette chronique, une réalité dont ils ne se doutaient pas, tant le discours habituel sur ce sujet peut être biaisé par malveillance ou ignorance, idéologiquement orienté, ou réducteur par paresse intellectuelle. Je me garde bien de prétendre faire œuvre d’historien, je n’ai voulu que témoigner de ce que j’ai vécu et connu, avec une exigence de véracité à l’égard des faits.

Comment s’est passé votre travail d’écriture ? Avez-vous une méthode pour écrire ? Des rituels ou des astuces ?

C’est mon petit-fils, à qui je racontais mes souvenirs de jeunesse le soir au chevet de son lit, qui m’a encouragé à écrire ce livre. Par chance, ma mère avait dressé un tableau récapitulatif des dates et lieux de nos différents séjours. De plus, elle avait soigneusement classé et légendé de très nombreuses photos dans des albums parfaitement conservés. Cela a considérablement facilité mon travail d’écriture. Mais le plus difficile a été de me limiter afin de ne pas me perdre dans le superflu. Exprimer tant de souvenirs en restant concis, c’est ce qui m’a semblé à la fois nécessaire, mais également un peu frustrant.

Envisagez-vous d’écrire un autre livre ? Si oui sur quoi avez-vous envie d’écrire pour ce prochain livre ?

L’édition de « Lorsque la France était là-bas » m’a encouragé à reprendre et remanier le roman que mon père avait écrit et qu’il n’a pas pu faire éditer avant sa disparition. A son tour, « Minh Hoï » qui a pour décors la guerre d’Indochine, a été édité. Je sais que mon père en aurait été heureux tant il lui tenait à cœur de publier ce récit dédié à son jeune frère mort pour la France et aux ‘’marsouins’’.

Ces deux expériences m’ont motivé pour entamer un troisième ouvrage, un roman ayant pour toile de fond l’industrie pharmaceutique.

Jean-Yves Leandri auteur du livre Lorsque la France était là-bas disponible sur le site des Éditions Maïa. Cliquez ici pour le découvrir.