Entretien avec Maëlis Michellier auteure de Les orages d’Élisa

Entretien avec Maëlis Michellier auteure de Les orages d’Élisa

Quel a été votre sentiment quand votre livre est paru ?

Lorsque Les Orages d’Élisa est enfin paru, j’ai ressenti un mélange de fierté, d’émotion et presque d’irréalité. Voir une histoire que j’avais portée, imaginée et travaillée devenir un véritable livre a été un moment très particulier. C’est aussi assez déstabilisant, parce qu’à partir de cet instant, le texte ne nous appartient plus complètement : il rencontre ses lecteurs, qui vont l’interpréter et le ressentir à leur manière. Après tout le travail d’écriture et d’édition, tenir le livre entre mes mains a surtout représenté l’aboutissement d’un projet qui me tenait énormément à cœur.

Quels ont été les retours des premiers lecteurs ? Que vous ont-ils dit sur votre livre ?

Les premiers retours ont été très encourageants. Ce qui m’a particulièrement touchée, c’est que plusieurs lecteurs se sont attachés au personnage et ont été sensibles à ses émotions, à ses peurs et à son évolution. Certains m’ont parlé de la dimension très humaine du roman et du fait qu’ils pouvaient se reconnaître dans certaines de ses fragilités, même sans avoir vécu exactement la même chose qu’elle. Les thèmes de la maladie, de la peur du regard des autres, de l’amour et de la reconstruction ont également suscité des échanges. Pour moi, c’est probablement le plus beau retour possible : savoir qu’une histoire imaginée seule peut ensuite provoquer quelque chose chez une personne que l’on ne connaît pas.

Que retenez-vous de cette expérience d’édition par rapport à votre travail d’écriture ? En avez-vous tiré des enseignements ?

Cette expérience m’a permis de comprendre qu’écrire un roman ne s’arrête pas au point final. Il y a tout un travail de relecture, de correction, de remise en question et ensuite de promotion. J’ai également appris à prendre davantage de recul sur mon propre texte. Lorsqu’on écrit, on est très proche de ses personnages et de son histoire ; l’édition oblige à regarder son manuscrit différemment et à accepter qu’il puisse encore évoluer. J’en retiens surtout qu’il faut savoir être patiente, persévérante et accepter les différentes étapes qui permettent à un manuscrit de devenir un livre.

Quelle est l’originalité de votre livre selon vous ? A-t-elle été perçue par vos premiers lecteurs ?

Je pense que l’originalité des Orages d’Élisa réside dans le fait que la maladie n’est pas seulement un élément secondaire de l’histoire. L’épilepsie accompagne Élisa dans son quotidien et influence son rapport aux autres, à l’amour, à son corps et à elle-même. Mais je ne voulais pas écrire uniquement un roman sur la maladie. Je voulais avant tout raconter une femme qui souhaite vivre, aimer et être regardée pour ce qu’elle est, sans être réduite à sa fragilité.

La librairie dans laquelle elle travaille, Bruxelles, les livres, son carnet rouge et la relation avec Adrien participent aussi à l’atmosphère très particulière du roman. Les premiers lecteurs ont justement été sensibles à cette dimension émotionnelle et à la vulnérabilité d’Élisa. C’est important pour moi, car je voulais que l’on s’attache d’abord à elle en tant que femme et non en tant que personne malade.

Comment s’est passé votre travail d’écriture ? Avez-vous une méthode pour écrire ? Des rituels ou des astuces ?

Au début de l’écriture de Les Orages d’Élisa, je n’avais pas vraiment de méthodologie. J’écrivais surtout à l’instinct, en suivant mes idées, mes émotions et l’évolution de mes personnages. Je découvrais finalement ma propre façon d’écrire en même temps que je construisais mon histoire.

C’est au fur et à mesure que j’ai acquis une véritable méthode de travail. J’ai appris à mieux organiser mes idées, à anticiper davantage la construction de mes chapitres et à savoir où je voulais emmener mes personnages, tout en gardant une certaine liberté pendant l’écriture. J’ai également compris l’importance de la relecture et de la réécriture : un premier jet n’a pas besoin d’être parfait, il est là pour donner vie à l’histoire.

Aujourd’hui, cette expérience me permet d’évoluer dans mon écriture et surtout de simplifier ma manière de travailler. Je sais davantage comment structurer un projet dès le départ, comment garder une cohérence dans l’intrigue et comment éviter de me perdre dans mes idées. Je continue bien sûr d’apprendre à chaque texte, et c’est justement ce que j’aime dans l’écriture : chaque nouveau projet me permet d’affiner un peu plus ma méthode et de trouver ma propre identité d’autrice.

Envisagez-vous d’écrire un autre livre ? Si oui sur quoi avez-vous envie d’écrire pour ce prochain livre ?

Oui, l’écriture ne s’arrête pas avec Les Orages d’Élisa. J’ai envie de continuer à raconter des histoires centrées sur des personnages profondément humains, avec leurs failles, leurs contradictions et leurs secrets. Ce premier roman m’a donné encore davantage envie d’écrire et d’explorer d’autres univers, tout en conservant cette place importante accordée aux émotions et à la psychologie des personnages.

J’aime particulièrement les histoires dans lesquelles tout n’est pas immédiatement ce qu’il paraît être, celles qui amènent progressivement le lecteur à regarder les personnages et les événements autrement. Mon prochain projet s’inscrit justement dans cette envie : proposer une histoire plus mystérieuse, avec davantage de suspense, tout en gardant une dimension humaine et émotionnelle forte.

Maëlis Michellier auteure du livre Les orages d’Élisa disponible sur le site des Éditions Maïa. Cliquez ici pour le découvrir.