Entretien avec Muana-Magna dit BTL auteur d’Émancipation révélée – Tome I

Entretien avec Muana-Magna dit BTL auteur d’Émancipation révélée – Tome I

Quel a été votre sentiment quand votre livre est paru ?

Lorsque Émancipation Révélée est paru, j’ai compris que je ne tenais plus un manuscrit, mais une part de moi devenue publique. Ce moment n’a pas été euphorique. Il a été dense. Presque grave. Comme si des années d’écriture, de silence, de retenue, se condensaient soudain dans un objet que d’autres allaient toucher, lire, juger, ressentir.

Ce livre n’est pas né d’un élan passager. Il s’inscrit dans un parcours long, patient, parfois solitaire. Avant lui, plus de trente manuscrits étaient déjà achevés. Certains dorment encore. D’autres forment des sagas entières : Émancipation Révélée, bien sûr, dont les tomes 2 (Fréquence Ultime) et Tome 3 (L’Âge des Palimpsestes) existent déjà ; Veilleuse, le monde peut dormir, une saga de quatre volumes terminée depuis 2023 ; et aujourd’hui Les Dommages Collatéraux, en cours d’écriture.

Si Émancipation Révélée a vu le jour, c’est parce qu’une personne a refusé que la peur décide à ma place. Ma femme. Ma première lectrice. Mon comité de lecture le plus exigeant et le plus juste. Elle a affronté avec moi ce que je redoutais : le refus, l’exposition, le verdict extérieur. Ce livre est aussi le sien. Sans son courage, il serait resté un texte de plus empilé dans l’ombre.

Quels ont été les retours des premiers lecteurs ? Que vous ont-ils dit sur votre livre ?

Les premiers retours ont été marqués par une forte charge émotionnelle. Beaucoup de lecteurs m’ont parlé d’un texte dérangeant, parfois inconfortable, mais profondément nécessaire. Plusieurs femmes m’ont confié s’être reconnues dans les vibrations, les silences, les blessures évoquées, y compris lorsque le récit bascule vers la fiction spéculative. Elles n’y ont pas vu une distance, mais au contraire une manière plus juste de dire l’indicible.

D’autres lecteurs ont souligné la puissance symbolique du dispositif narratif, notamment cette idée centrale de la mémoire comme fréquence et de l’Histoire comme onde persistante, impossible à étouffer durablement. Ce qui m’a le plus touché, c’est que nombre d’entre eux ont parlé du livre comme d’une expérience, plus que comme d’une simple lecture : un texte qui traverse, qui bouscule, qui oblige parfois à s’arrêter pour reprendre souffle.

À ces ressentis se sont ajoutés deux retours publics, rares mais précieux. Sur Amazon, un lecteur écrit :

« Offert à mon filleul qui l’a fortement apprécié, moi aussi. Recommande +++++ »

Une phrase simple, mais qui dit l’essentiel : le livre circule, il se transmet, il crée du lien.

Un autre lecteur évoque Émancipation Révélée comme « un roman d’une rare intensité, où chaque page semble ciselée par la conscience et l’audace », qualifiant la lecture de nécessaire. Ce mot m’a profondément marqué, car il rejoint l’intention première de ce roman : ne pas divertir seulement, mais éveiller, questionner, faire émerger ce qui a trop longtemps été tenu à distance du récit collectif.

Que retenez-vous de cette expérience d’édition par rapport à votre travail d’écriture ? En avez-vous tiré des enseignements ?

Cette expérience a été libératrice. Elle m’a permis de faire taire, enfin, cette phobie du refus éditorial qui accompagnait mon travail depuis des années. J’ai découvert que mes manuscrits pouvaient être accueillis, compris et appréciés par des maisons d’édition. Cette prise de conscience a profondément modifié mon rapport à l’écriture.

Aujourd’hui, je travaille avec une visibilité nouvelle : un planning de publications est en place, et cette reconnaissance professionnelle nourrit une écriture plus sereine, sans jamais en altérer l’exigence. L’édition ne m’a pas éloigné de mon geste d’auteur ; elle l’a, au contraire, consolidé.

Quelle est l’originalité de votre livre selon vous ? A-t-elle été perçue par vos premiers lecteurs ?

L’originalité d’Émancipation Révélée tient à un choix radical : traiter la mémoire comme une force active. Dans ce roman, la douleur n’est pas un souvenir figé ; elle devient vibration. La révolte n’est pas un slogan ; elle devient onde. L’Histoire n’est pas un décor ; elle agit, elle insiste, elle fracture le présent.

Le roman mêle science spéculative, poésie politique et récit intime. Il parle d’émancipation féminine, bien sûr, mais aussi de transmission, de silence imposé, de ce que l’on tente d’effacer et qui revient toujours autrement.

Les lecteurs ont perçu cette singularité. Ils parlent d’un texte inclassable, exigeant, mais habité. Un roman qui ne se lit pas à distance, mais qui engage le corps, l’émotion, la conscience.

Comment s’est passé votre travail d’écriture ? Avez-vous une méthode pour écrire ? Des rituels ou des astuces ?

Mon travail d’écriture s’inscrit dans le mouvement et dans le temps long. J’écris souvent en transit : dans les trains, dans les avions, dans ces espaces suspendus où l’on n’est plus tout à fait ici ni déjà ailleurs. Ces moments de déplacement sont propices à l’écoute intérieure, à l’émergence de phrases qui n’auraient pas trouvé leur place dans l’agitation du quotidien.

Je fonctionne par accumulation. Je « croque » mes manuscrits, je les empile, je les laisse reposer, dialoguer entre eux. Ensuite seulement vient le temps de la reprise, de la structuration, de l’exigence formelle. Je travaille avec une architecture narrative précise, presque rigoureuse, mais je laisse toujours une large place à l’intuition, au rythme, à la vibration des phrases. Je n’ai pas de rituel figé, sinon celui du silence et de l’attention. Pour moi, écrire, c’est d’abord apprendre à écouter.

Envisagez-vous d’écrire un autre livre ? Si oui sur quoi avez-vous envie d’écrire pour ce prochain livre ?

Oui, sans hésitation. L’écriture est un territoire que je n’ai pas fini d’explorer. Émancipation Révélée s’inscrit dans un cycle plus vaste, déjà en grande partie écrit. Les tomes suivants, Fréquence Ultime et L’Âge des Palimpsestes, prolongent cette réflexion sur la mémoire, la transmission, les fractures invisibles et les forces de réparation.

Parallèlement, d’autres univers existent déjà, comme la saga Veilleuse, le monde peut dormir, thriller psychologique composée de quatre volumes achevés, Édifice De L’humanité ! Naître Dans La Fracture  Thriller social – idéologique

 le Serment des Cendres un thriller à couper le souffle ou Les Dommages Collatéraux, actuellement en cours d’écriture. Tous ces textes dialoguent entre eux. Ils interrogent, chacun à leur manière, ce que nous héritons, ce que nous taisons, et ce que nous choisissons, enfin, de révéler.

Écrire, pour moi, n’est pas produire des livres en série. C’est creuser un même sillon, avec obstination et exigence, jusqu’à ce que quelque chose de vrai, de transmissible, puisse émerger.

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Muana-Magna dit BTL auteur du livre Émancipation révélée – Tome I disponible sur le site des Éditions Maïa. Cliquez ici pour le découvrir.