Lawyers à la Dérive 2 – Récidive

Je suis Nicholas Beaulieu. Après avoir partagé avec vous mon expérience de Managing Partner du bureau parisien de Brown Traver Crae & Smith, un cabinet d’avocats international de premier plan (dans « Lawyers à la dérive », disponible sur le site des Éditions Maïa), je vous révèle à présent les coulisses du Ministère de la Justice et du Gouvernement Français, des univers où se mêlent également jeux de pouvoir et ambitions personnelles.

I am Nicholas Beaulieu. After sharing with you my experience as Managing Partner of the Paris office of a leading international law firm (in « Lawyers adrift », available on the site ), I now intend to reveal to you behind the scenes of the Ministry of Justice and the French Government, universes where power games and personal ambitions mingle.

En participant à cette campagne de lancement, les Éditions Maïa vous permettent de découvrir en exclusivité et en avant-première les nouvelles confessions de Nicholas Beaulieu.

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Lawyers à la Dérive
Récidive

« Longtemps, je me suis couché tard, dans le but d’oublier que derrière chaque homme politique se cache un enfant qui pleure. »

« Je ne suis ni pervers, ni misogyne, ni raciste, ni homophobe. Je suis avocat devenu haut fonctionnaire. Tous les faits révélés dans cet ouvrage sont exacts. »

Satire du monde des avocats d’affaires et du milieu politique destinée aux avocats, aux hommes politiques, et aux étudiants, Nicholas Beaulieu vous livre son expérience d’ancien Managing Partner du bureau parisien du cabinet Brown Traver Crae & Smith devenu Directeur de Cabinet du Ministère de la Justice.

Ascension professionnelle, cynisme, cruauté, mêlant jeux de pouvoir et ambitions personnelles ; un mélange de 99 francs et de Wall Street dans l’univers du droit et de la politique ; ouvertement inspiré par Michel Houellebecq et Bret Easton Ellis. 

« Au cours de mon ascension professionnelle, à chaque étage où l’ascenseur s’arrêtait, je m’attendais à ce que les portes s’ouvrent sur un parterre de personnalités toutes plus brillantes les unes que les autres, qui auraient tôt fait de justifier le syndrome de l’imposteur dont je souffrais.
Or, à mon grand étonnement, je retrouvais, invariablement, à chaque étage, le même nombre d’opportunistes, de chanceux et de pistonnés, entourés de quelques personnes qui les surclassaient, mais qui n’étaient, fondamentalement, pas forcément plus brillantes que celles qui sortaient du lot aux étages inférieurs. Je comprenais alors que, plus que le talent, les facilités et le travail, la réussite professionnelle dépend d’autres facteurs : une détermination sans faille, une assurance implacable, et être capable, sans scrupules, de déloyauté, souvent, de cruauté, parfois. »

Chapitre 1. D’un Cabinet à l’Autre

Le portique d’entrée et les gendarmes qui glandent, la présentation de la carte d’identité, la traversée du détecteur de métaux, l’arrivée dans le hall, les photos de tous les Gardes des Sceaux qui se sont succédés, l’escalier, sa moquette épaisse, le premier étage, le salon des oiseaux et ses grandes tapisseries, les invités de la Ministre qui patientent, le grand corridor et son parquet en chêne massif, les hauts plafonds, les luminaires somptueux, vestiges d’une splendeur révolue, mon bureau, avec la terrasse qui donne sur la Place Vendôme, l’huissier qui sert le thé, le Chef de Cabinet qui présente l’agenda de la journée, Madame la Ministre hors des murs, mais dont l’ombre plane au-dessus de nos têtes, les messages sur les boucles télégram qui s’accumulent, les rendez-vous qui s’enchaînent, les impératifs de l’État, les réunions sans objet, les dîners à rallonge, les protocoles interminables sous les ors de la République, les flagorneries de circonstances, les cocktails où l’on écoute sans écouter, prêtant attention aux costumes mal taillés des fonctionnaires, la sincérité émouvante de ces hauts dignitaires qui n’ont jamais connu le rapport de forces permanent d’un cabinet d’avocats d’affaires, la vie de technocrate si différente, où tout semble facile, où l’on vous donne de l’importance, les cérémonies de décoration, les déplacements en province, à la rencontre des procureurs, des magistrats, des greffiers, des huissiers, du monde de la Justice dans son ensemble, son entregent sclérosé, son fonctionnement gangréné par les égos des grands corps professionnels, intangibles, insensibles au temps qui passe, insubmersibles aux révolutions qui les accompagnent, tous ces visages que je croise, ces noms que je fais semblant de retenir, la vie d’après, si loin de la vie d’avant, où je ne m’échine plus à retenir des associés mécontents, à leur faire avaler des objectifs exorbitants, cerné de collaborateurs frustrés, de stagiaires torturés, plus de closing à gérer, plus de fête déjantée, plus de sexe névrosé, plus de drogue, plus d’excès, moins de pognon, oui, beaucoup moins de pognon, la vie d’après moins éhontée, vécue dans la peau d’un autre, un personnage nouveau que je découvre, moins cynique, plus réel, plus vivant.

Présent à mon bureau dès 6 h 30, je ne le quitte jamais avant minuit, alors que la place Vendôme, illuminée, est totalement vide, hormis quelques avocats d’affaires qui attendent leur taxi, prêts à rejoindre leurs maîtresses ou les bars à striptease de la capitale.

Pendant que je rejoins mon chauffeur, je les observe et les méprise, en silence.

Je devine à quoi leur esprit est tout entier occupé. Ils ne pensent qu’à leur piscine, qu’à leur chalet, à Méribel ou à Courchevel. Ils ne pensent qu’à l’argent, la tête enfoncée dans le guidon d’une vie sans intérêt, propulsés à pleine vitesse vers un mur qu’ils ne vont pas tarder à percuter.

Voilà bientôt un an que j’ai quitté leur univers, et je les devine pleins de mépris, bien qu’ils se soient montrés élogieux à mon égard dans les innombrables cartes de vœux qu’ils m’ont adressées.

Ils n’attendent en fait qu’une chose : que je tombe de mon piédestal, pour les retrouver dans leurs vies scélérates.

C’est d’ailleurs l’appréhension de leur donner raison qui me conduit à m’investir toujours plus dans mes nouvelles fonctions. Je ne compte plus mes heures, mes jours, mes nuits, mes week-ends. 

Quel que soit le prix à payer, je dois réussir, pour démontrer que mon choix de carrière était le bon, que je vaux mieux qu’eux, qu’ils ne sont et ne seront, à jamais, que des losers

De retour à la maison, au cœur de la nuit, lorsque mon corps retrouve mon lit, c’est pour avoir le plus grand mal à s’en extirper quelques heures plus tard.

L’absence de sommeil me consume. Je flirte avec l’épuisement et le burn-out, entraîné dans un précipice infini, et des phénomènes de plus en plus étranges surviennent autour de moi.

Mardi dernier, alors que je me douchais, une puissante douleur est de nouveau apparue dans ma poitrine et mes mains se sont mises à trembler toutes seules, de plus en plus vite, sans que je parvienne à les arrêter.

Et ce matin, sur le trajet qui me conduisait à la Chancellerie, j’ai eu l’impression qu’une ombre me suivait, pendant que des cris lointains commençaient à résonner dans ma tête. 

Mais j’évite de trop y penser, entraîné par une volonté insatiable de réussir, de conquérir mon nouvel écosystème, essayant de me rassurer en me disant qu’il ne s’agit que d’hallucinations passagères liées à mon état de fatigue.

Nous sommes fin octobre 2019, et il ne me reste que deux chantiers à finaliser avant la trêve des confiseurs : la réforme des retraites des avocats et le budget 2020 pour la Justice.

La retraite des avocats, je ne me fais pas de souci, car j’ai déjà bien amorcé le dialogue avec les instances représentatives. Mais le budget de la justice, c’est une autre histoire.

Je passe mes nuits à éplucher les comptes du Ministère à la recherche de marges de manœuvre, de synergies, et viens de remettre une note d’une cinquantaine de pages que Nicole Belloubet présentera demain, dimanche 20 octobre 2019, à Gérald Darmanin, le Ministre du Budget et des Comptes Publics.

Malheureusement, la veille de ce rendez-vous, nous apprenons qu’une rixe vient d’éclater au centre pénitentiaire de Lille-Annœullin. Devant la gravité des faits, la Garde des Sceaux décide de se rendre sans attendre au centre pénitentiaire.

C’est donc moi qui me rendrai, au petit matin, à Bercy, afin de défendre, face à Gérald Darmanin, la proposition de budget que nous avons passé des semaines à préparer.

 

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