Texte inédit de Jacques Bongrand – Poursuite d’une réflexion pour Reconnaître notre destinée

Rappelons l’intention initiale :

Mon livre concrétisait un état, mais non l’aboutissement, de ma recherche sur le sens de la vie. Comme je l’écrivais, cette quête n’est pas terminée. Mais comment la prolonger ?

Les lignes qui suivent présentent une voie que j’ai suivie depuis la publication de cet ouvrage, m’appuyant sur trois idées que j’y exposais : 

  • Une interrogation sur le sens des situations que nous vivons est certainement une étape utile pour nous guider.
  • Toute pensée qui nous vient du fond de nous-mêmes comporte une part de vérité, un aspect d’enseignement.
  • Je ne saurais dire si mon devoir est aujourd’hui d’intervenir sur les réseaux sociaux.

En les combinant, je me suis dit que les circonstances m’invitaient à tenter une expérience : m’efforcer de partager de façon plus directe que par la rédaction d’un livre longuement composé et relu des réflexions quotidiennes pouvant répondre à un besoin de sens qui, j’ose le supposer, touche sous une forme ou une autre de nombreuses personnes vivant dans la société que je connais.

C’est dans cet esprit que j’ai entrepris de publier périodiquement sur Internet de brefs textes susceptible d’intéresser des lecteurs doués d’une fibre philosophique. Les titres des premières communications, rédigées de décembre 2025 à mars 2026, sont rassemblés ci-dessous. Ils résument la première étape de cette tentative. 

Décembre 2025

COMMENT VIVRE UNE PÉRIODE DE FÊTES QUI S’OUVRE AU MILIEU D’UNE ACTUALITÉ SOMBRE ?

Janvier 2026 

QUELLE ATTITUDE FACE AU DÉLUGE D’ACTUALITÉ AUQUEL NOUS SOMMES EXPOSÉS QUOTIDIENNEMENT ?

Février 2026 

COMMENT TRAITER LES ACTUALITÉS INNOMBRABLES AUXQUELLES NOUS SOMMES EXPOSÉS QUOTIDIENNEMENT ? 

Février 2026 

TROUVER LE JUSTE RYTHME POUR COMMUNIQUER

Février 2026

QUEL BON USAGE DES RÉSEAUX SOCIAUX ?

Février 2026

COMMENT RÉAGIR À l’ACCUMULATION DE RÈGLES QUI CARACTÉRISE NOTRE SOCIÉTÉ ?

Mars 2026

VACANCES D’HIVER 

Mars 2026

RÉAGIR AUX VIOLENCES DU MONDE

Mars 2026

PARTICIPER À DES GROUPES DE RÉFLEXION

Mars 2026

TRANSFORMER LE MONDE OU SE TRANSFORMER SOI-MÊME ?

Mars 2026

DE LA CRITIQUE À LA MÉDITATION 

Ce cheminement n’était pas terminé. Les textes ci-après ont été publiés au cours des trois mois qui ont suivi. Comme les précédents, ils visent à éveiller des résonances plutôt qu’à enseigner une sagesse.

Nouvelles pensées

Avril 2026

ÉCHAPPER À LA LASSITUDE 

Les nombreuses machines qui nous épargnent des fatigues physiques ne nous préservent pas d’une lassitude morale, peut-être accentuée à notre époque par un rythme accéléré des sollicitations que nous subissons tous.

Une telle sensation présente l’avantage de nous inciter à progresser, plutôt qu’à nous complaire dans des situations imparfaites. Mais c’est aussi une source de dépression et un frein à l’aboutissement de desseins ambitieux à long terme.

Curieusement, il me semble que la lassitude peut provenir aussi bien d’une insuffisance que d’un excès d’activités.

Dans le premier cas, un remède serait de concevoir de nouveaux projets. Pour le second, il me revient un conseil reçu il y a des années, lors d’une formation aux sciences de l’action : veiller à prendre un moment de pause, même très bref, entre deux tâches successives.

Au fond, ces deux suggestions n’appliquent-t-elles pas une même idée, souvent retrouvée : face à des difficultés ou à des malaises ressentis, commençons par rentrer en nous-mêmes afin de découvrir ou de mieux percevoir le sens profond des situations que nous vivons ?

Avril 2026

PENSÉE DE PÂQUES

Sans doute n’est-il pas original de rapprocher la promesse de résurrection associée à la fête de Pâques que nous venons de vivre et la renaissance de la nature, vers la même époque de l’année, au début du printemps. Cette renaissance évoque aussi, par exemple, la fête celtique de Beltaine, traditionnellement située au 1er mai. 

Des esprits scientifiques peuvent donner à de tels rapprochements une dimension purement anthropologique, limitée au monde que nous connaissons.

Je suis tenté, à l’inverse, de rechercher une interprétation plus ambitieuse et porteuse d’espérance en m’inspirant de la formule hermétique : « Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut… ». La nature nous montre une vie qui renaît, indéfiniment à notre échelle, en gardant la mémoire du passé puisque d‘une année à l’autre de nouvelles plantes reproduisent les formes qui semblaient disparues durant l’hiver. Par une certaine analogie, pourquoi la conscience de chacun de nous ne reviendrait-elle pas, au-delà de la mort, afin de conserver éternellement une part et un souvenir de ce que nous avons été ?

Avril 2026

VIEILLIR

En dehors des victimes d’accidents, notre destinée sur cette Terre est de grandir, mûrir, puis vieillir.

Cette dernière étape apparaît généralement, de nos jours, comme une triste décroissance. Mais ne peut-on pas aussi y découvrir les effets indirects d’une intention bienveillante ?

Une première observation est que les capacités physiques puis mentales diminuent à partir d’un certain âge. Un aspect particulier de cette dégradation est un déclin des attraits de l’apparence physique, que je trouve personnellement plus sensible chez les humains que pour les animaux ou les plantes. Pourrait-on y voir l’effet de nos mauvaises pensées, comme l’évoque Oscar Wilde dans « Le portrait de Dorian Gray » ?

Et qu’en est-il de la sagesse, qualité moins évidemment mesurable ? Il me semble que celle des anciens était davantage mise en valeur dans le passé, et j’y vois plusieurs raisons : notre époque est plus pressée et tournée vers l’avenir plutôt que vers le présent ; une évolution plus rapide de notre société fait paraître l’expérience moins pertinente ; pour des mentalités de plus en plus individualistes, les jeunes peuvent à bon droit se sentir davantage concernés que leurs aînés par la préparation du futur. 

Une autre interrogation, qui peut sembler saugrenue, est la suivante : pourquoi la nature nous impose-t-elle la souffrance d’une longue dégradation finale plutôt que la joie de progresser jusqu’à la fin de nos jours ? Est-ce seulement pour atténuer nos regrets de quitter ce monde ? Ou bien pour nous inciter plus efficacement à nous tourner vers l’essentiel ? La diminution de nos facultés pourrait même être un outil pour introduire systématiquement une progression des efforts, une forme d’aventure intérieure dans des existences apparemment statiques.

Aujourd’hui, je vois aussi dans ce phénomène un moyen pédagogique de nous faire prendre conscience d’une identité profonde que nous partageons malgré toutes nos différences. Alors que certains traits, tels que par exemple le sexe ou la taille, nous placent toute notre vie dans des catégories distinctes, nous suivons une même trajectoire que des personnes d’âges très éloignés du nôtre. 

Finalement, cette identité et ce caractère formateur de nos parcours semblent justement décrits par la phrase attribuée au moraliste Nicolas Chamfort : « L’homme arrive novice à chaque âge. »

Avril 2026

QUELLE PLACE DONNER À NOTRE INTUITION ?

Il me semble que les décisions que nous prenons quotidiennement sont le fruit d’une combinaison de réflexion rationnelle et d’intuition, à moins qu’elles ne soient à la fin que le produit de cette dernière. Cependant, les proportions dépendent à la fois du caractère de chacun de nous et des circonstances : le dosage n’est probablement pas le même pour le choix de notre prochain repas, d’un logement ou d’une profession.

Mais de quelle intuition s’agit-il ?

Sans doute ne faut-il pas confondre des réflexes issus d’une formation (par exemple quand nous conduisons une automobile) ; des souvenirs qui nous reviennent pour retrouver un nom, une réponse à une question examinée il y a longtemps ; des mouvements spontanés de sympathie, de colère ou de haine…

Je rêve de discerner, parmi les messages que je reçois ainsi de ce que j’appellerai ma personnalité, des signaux plus profonds qui justifieraient cette recommandation mystérieuse que cite mon dernier livre :

« Sache que la vie est un jeu et fais semblant de croire à ce jeu… Mais en Toi, inlassablement, éveille le Dieu qui sommeille. »

(L’Évangile de la Colombe, Oria, Édition de l’Osiride, 1981.)

Mai 2026

CULTIVER NOTRE RAPPORT À LA NATURE 

Dans notre société, beaucoup sont attirés par la nature et rêvent de mener une vie plus proche de celle-ci. Pourtant, il est indéniable que les progrès technologiques ont rendu nos existences plus confortables et nous permettent de vivre plus longtemps en bonne santé. Que conclure de ce paradoxe ?

Une autre observation est que l’espèce humaine fait partie de la nature. Pourquoi considérer qu’il n’en est pas de même de ses créations, depuis les outils que nous utilisons jusqu’aux villes où nombre de nos contemporains se rassemblent plus ou moins volontairement ?

Sans doute convient-il à ce stade de préciser de quelle nature il s’agit. Personnellement je me sens davantage séduit par une forêt ou un grand arbre que par la contemplation d’une ronce ou d’un ver de terre. Le terme de nature m’évoque une vision d’ensemble, et peut-être la vie végétale plutôt que des rochers ou des animaux.

Au fond, le goût de la nature n’exprimerait-il pas avant tout la recherche d’une beauté profonde et calme, d’une dimension présente en chacun de nous, que nous offrent maints paysages et dont certaines constructions humaines ne seraient que de pâles imitations ?

Un commencement de réponse à ces interrogations nous était déjà suggéré par cette pensée du philosophe Pascal : « Que l’homme contemple donc la nature entière dans sa haute et pleine majesté. » 

Mai 2026

CHOC PÉTROLIER

Moins dramatique pour la France d’aujourd’hui que les famines de siècles précédents, le risque de pénurie lié aux troubles bien plus graves que vivent d’autres peuples est une incitation à réfléchir une fois de plus aux multiples questions que pose l’organisation de notre monde contemporain.

Comment répartir une charge imprévue qui frappe certains plutôt que d’autres ? Quel niveau de solidarité viser avec des concitoyens ou des habitants de pays plus fragiles sans aboutir à des mesures d’une complexité paralysante ou qui démotivent les efforts individuels au détriment de tous ? Quel équilibre entre les avantages à court terme d’échanges systématiquement mondialisés et la vulnérabilité qui en résulte pour l’avenir, dans un contexte de compétition économique ? 

C’est bien entendu aux responsables politiques ou entrepreneuriaux qu’il revient en premier lieu de définir des compromis concrets, sous le contrôle des consommateurs puis des électeurs. Les conseilleurs ne sont pas les payeurs. 

Cependant, je me plais à penser qu’une actualité qui nous dépasse peut aussi comporter des messages adressés à chacun de nous. Par exemple, un rappel discret d’une caractéristique profonde de la condition humaine : nous sommes tous liés.

Mai 2026

FAIRE FACE À UNE PUBLICITÉ MULTIFORME 

Les annonces publicitaires constituent sans doute une source d’information utile, un complément indispensable à une concurrence ouverte qui est le fondement d’une économie libérale. On ne peut leur reprocher de tenter de présenter sous un jour favorable les produits qu’elles présentent. Elles ont le mérite de ne pas cacher l’intérêt de leurs commanditaires, contrairement à des manipulations sournoises d’informations que les progrès de l’intelligence artificielle sont de nature à faciliter.

Cependant, il paraît probable que des procédés tels que la multiplication des interruptions à cet effet d’émissions radiophoniques ou télévisées, souvent en répétant de nombreuses fois les mêmes messages, présentent davantage d’inconvénients que les affiches d’antan : dispersion de l’attention, influence subliminale, risque d’abêtissement des destinataires… 

Est-il possible d’y résister raisonnablement sans trop se couper de la société, ni privilégier excessivement des consultations sur Internet vulnérables aux biais des moteurs de recherche ?

Il me vient deux pistes de réponse, qui peuvent sembler banales : 

– D’abord nous efforcer de réduire notre temps d’exposition à des communications reçues passivement au profit de la lecture à notre rythme de textes choisis.

– Ensuite, nous attacher à exercer systématiquement une réflexion critique : par exemple en observant que les prix des produits les plus vantés sur les ondes incorporent logiquement des coûts publicitaires importants, à la charge du consommateur final. Ou encore en prenant davantage en compte leur origine en cohérence avec notre vision des conséquences de nos choix.  

Finalement, je me dis qu’un changement de comportement individuel est souvent notre premier moyen de contribuer à transformer le monde. 

Mai 2026

MENTAL ET SANTÉ

L’écho médiatique donné à la tragédie du navire Hondus, dont les conséquences dramatiques semblent heureusement limitées à ce jour, nous rappelle l’ampleur de la crise du Covid 19, signe entre autres de la fragilité que beaucoup ressentent face aux risques sanitaires.

En lien avec cette fragilité, il faut reconnaître l’inégalité largement constatée des réactions individuelles face à la maladie, associée à de nombreux facteurs aussi bien physiques, notamment génétiques, que psychologiques. À cet égard, les effets bénéfiques de la volonté de résistance et de la confiance, illustrées par la méthode Coué ainsi que par l’effet placebo, ont été souvent documentés.

Toujours en quête d’une vision plus vaste, dont je suis conscient qu’elle peut choquer mais qui peut aussi être source de progrès ou d’espoir, j’ose citer un bref extrait d’un ouvrage ésotérique qui a connu un certain retentissement, intitulé « A Course in Miracles » (en français : Un cours en miracles), extrait que je traduirai ainsi : « La guérison est réalisée à l’instant où le patient ne voit plus d’intérêt à souffrir… Car la maladie est un choix ; une décision. » 

Mon intuition est que cet énoncé lapidaire mérite d’être médité, qu’il comporte une part de vérité dont l’étendue reste à déterminer. En particulier, il laisse subsister des questions redoutables : qui précisément décide, quand et à quel niveau ?

Mai 2026

NORMES, ÉLITISME ET DÉMOCRATIE

A qui laisser le soin de prendre les décisions dont dépendra notre vie collective dans un monde complexe ?

En 1947, Churchill qualifiait la démocratie de pire des systèmes de gouvernement, à l’exception de tous les autres. Aujourd’hui, en France, des sondages laissent percevoir une défiance croissante de l’opinion vis-à-vis des décideurs politiques, dont les prescriptions se font de plus en plus pointilleuses : selon un article de presse récent, le nombre total de mots des textes législatifs et réglementaires a plus que doublé depuis 2002…rendant difficile l’application de l’adage « nul n’est censé ignorer la loi ».

Une autre impression, qui mériterait d’être soigneusement vérifiée, est que les avis des experts sont moins hautement considérés que par le passé. Le développement des procédés de communication accroît les possibilités pour chacun de s’exprimer, ce qui semble salutaire ; mais l’espace médiatique est encombré, et l’on peut répugner à l’idée de laisser la charge du tri des messages à des logiciels de plus en plus chargés d’intelligence artificielle.

Alors, que faire ici et maintenant pour être véritablement constructif ? Notre participation à la vie de notre société exige de chacun de nous des choix préalables : à qui faire confiance, jusqu’où et selon quels critères ? Alors que la foi a pu dans le passé être considérée comme une vertu, au moins en matière religieuse, et que l’esprit critique est une aptitude largement valorisée de nos jours, faut-il se déterminer d’abord en fonction des idées ou des personnes, de ce que ces dernières disent aujourd’hui ou de leur passé ?  

Sans prétendre répondre à ces questions, je formulerai une observation : il me semble que tout citoyen a pour premier devoir de s’informer et de remettre périodiquement en question ses opinions habituelles, en y consacrant le temps et avec le recul que lui permet sa situation personnelle.

Lisons !

Juin 2026

EXPLICITER DES PRIORITÉS

La nécessité permanente de déterminer des priorités est sans doute une caractéristique de la condition humaine, un effet direct de nos limitations, individuelles ou collectives. Le manque de temps d’abord, mais aussi de ressources financières, de capacités disponibles, nous oblige à choisir entre toutes les actions ou les réalisations que nous trouvons désirables.

En matière politique, on peut aller jusqu’à estimer que les opinions des uns et des autres s’opposent essentiellement au niveau des compromis indispensables, des priorités différentes accordées à des valeurs reconnues par tous mais dont les exigences peuvent s’avérer contradictoires. 

Quelles conséquences tirer de cette observation dans notre vie courante ? 

Peut-être une clef pour développer notre esprit de compréhension et de tolérance. 

Peut-être aussi une incitation à chercher de temps à autre à expliciter en nous-même nos priorités personnelles afin de les intégrer davantage à nos actions concrètes. La relative liberté de fin de semaine n’apporte-elle pas, pour beaucoup, une occasion privilégiée à cet égard ?

Joyeux dimanche !

Juin 2026

RECONNAÎTRE DES SIGNES

Certains pensent que les événements qui nous concernent directement ou les coïncidences que nous identifions dans notre vie courante portent des messages qui nous sont adressés depuis un plan d’existence auquel nous n’avons pas habituellement accès. D’autres estiment que c’est seulement par nous-mêmes, à l’aide de notre logique et de notre expérience, que nous devons construire une interprétation et tirer les conséquences de tout ce qui nous arrive.

Une question voisine, sans doute plus complexe, peut être posée à propos des informations dont nous abreuve la société où nous vivons : nous appartient-il de sélectionner rationnellement celles que nous devons analyser afin d’en faire usage, ou faut-il rester à l’écoute de notre ressenti et considérer que toute nouvelle qui nous touche mérite d’être méditée ?

À chacun d’apporter ses réponses et je ne prétends pas que la mienne soit la meilleure. Simplement il me semble que beaucoup croient comme moi utile de prendre régulièrement un peu de recul pour repenser aux épisodes marquants de la journée, de la semaine ou de toute autre période écoulée, quelles que soient les motivations philosophiques de cette attitude.

Dans cet esprit, la canicule que nous vivons pourrait être considérée comme une invitation, à côté des débats habituels sur le réchauffement climatique, à traiter des questions particulières qui se trouvaient en attente au fond de nous, concrètes ou à résonance philosophique. Parmi bien d’autres exemples, citons l’aménagement d’un local, l’attention portée à certaines personnes de notre entourage, une adaptation du rythme de nos activités…

Juillet 2026

PRIVILÉGIER OPTIMISATION OU RÉSILIENCE ?

Un souci trop poussé de faire au mieux dans des conditions constatées ou attendues est sans doute un ferment de fragilité, collective ou individuelle, face à l’imprévu. Deux exemples parmi bien d’autres peuvent illustrer cette idée :

La complexité des chaînes d’approvisionnement ou de production de nombreuses industries, effet d’une préoccupation naturelle de compétitivité, est apparue ces dernières années comme une source de vulnérabilité qui a incité certains acteurs à revenir sur leur organisation antérieure.

La volonté de gérer strictement nos horaires pour employer notre temps aussi efficacement que possible peut conduire chacun de nous à des situations de tension ou de dysfonctionnement, telles que l’arrivée en retard à une réunion.

Quelles conséquences tirer de cette constatation ?

Sans prétendre être mieux placé que d’autres pour répondre, je dirais simplement que la première étape consiste à se demander, au fond de soi, ce que l’on veut vraiment…

Juillet 2026

L’ENFER PAVÉ DE BONNES INTENTIONS ?

Et si nombre de difficultés du monde d’aujourd’hui, comme de celles que nous rencontrons dans la vie courante, étaient d’abord la face sombre de bonnes intentions excessives ou irréalistes ?

Entre autres exemples historiques, il me semble que les guerres de religion ou le rôle de certaines idéologies dans les conflits mondiaux du XXème siècle illustrent bien ce risque de dérive.

De tels souvenirs ne peuvent que conforter l’attachement de beaucoup aux idées libérales et nous rappellent une fois de plus le précepte du sage Gandhi qui nous invite à tenter d’abord d’être nous-mêmes ce que nous croyons convenable pour beaucoup d’autres. Ils nous renvoient aussi à cette pensée bien connue du philosophe Pascal : « L’homme n’est ni ange ni bête. Le malheur est que qui veut faire l’ange fait la bête. »

Une incitation à réfléchir davantage aux conséquences lointaines de nos actes ? Un critère pour orienter les choix de chacun lors de prochaines consultations électorales ?

Reconnaître notre destinée est disponible sur notre site.