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Entretien avec Claudine Reniers – Narcisse et coquelicot

Quel a été votre sentiment quand votre livre est paru ?

J’ai eu diverses émotions quand j’ai reçu les premiers exemplaires de mon livre.
D’une part, j’ai eu un réel plaisir à découvrir un objet livre très beau. Je ne pouvais rêver plus bel écrin pour mes mots. Merci aux Éditions Maïa pour cette belle réalisation.
À côté de cela, j’ai eu l’angoisse au ventre. Mes mots étaient là, couchés sur le papier, imprimés, accessibles au monde entier, je m’exposais en totale nudité…, il allait falloir assumer.

Quels ont été les retours des premiers lecteurs ? Que vous ont-ils dit sur votre livre ?

Mes premiers lecteurs ont été mes proches. Ils ont apprécié mon livre mais je ne pense pas qu’il soit intéressant, pour le lecteur qui ne me connait pas, de détailler leur perception. Leur regard sur mes mots était forcément influencé par le regard qu’ils me portent.
Ensuite, j’ai cherché à rencontrer des libraires pour leur faire découvrir mon livre. Et là, les retours que j’ai reçus convergent : « malgré que la poésie ne soit pas leur littérature de prédilection, ils ont aimé ». En plus de cela, ils apprécient l’esthétique de la couverture, c’est un livre à regarder, à exposer.

Que retenez-vous de cette expérience d’édition par rapport à votre travail d’écriture ? En avez-vous tiré des enseignements ?

Mon « travail » d’écriture fut dans la totale spontanéité et donc n’est pas selon moi à qualifier de « travail ». Ce fut tout simplement un besoin, à un moment donné, d’exprimer le fond de mon âme, le fond de mon cœur. Seuls les prologues et épilogues ont été le fruit d’un travail, même s’ils font partie, comme tous les autres mots, d’un cheminement personnel.

Quelle est l’originalité de votre livre selon vous ? A-t-elle été perçue par vos premiers lecteurs ?

Mon livre a deux originalités majeures.
La première originalité concerne sa forme. Ce que ce livre raconte, c’est une histoire et à côté de cela la forme littéraire utilisée est la poésie.
Cette fusion d’histoire et de poésie est il me semble assez atypique. Elle permet d’exprimer les émotions, d’offrir au lecteur un paysage impressionniste de ce que ressentait ma tête et mon cœur à un moment donné. Et de poème en poème, on peut percevoir une évolution, ça c’est l’histoire.
De plus, la forme poétique que j’ai construite est, me semble-t-il, aussi atypique. Ce ne sont pas des vers classiques avec des rimes. J’ai choisi de faire des vers où le mot qui le termine sert de point de départ pour le ver suivant. Cela m’offrait une écriture qui se calquait sur le principe d’association libre utilisé en psychanalyse et qui permet donc d’accéder à l’inaccessible, à ce qui est refoulé. Cela m’a permis ainsi d’accéder au paysage de ma psyché, de façon très impressionniste, et m’a permis d’approcher au plus près mes émotions, mon subjectif, le refoulé, de mélanger le passé et le présent tels ils coexistent dans mes pensées.  
L’autre originalité concerne les messages et point de vue exprimés relativement à un problème contemporain, à savoir la perversité narcissique. En effet, contrairement à la tendance usuelle, je choisis malgré le constat d’une histoire d’amour avec une personne perverse narcissique, de continuer à l’aimer et de la respecter. Et plus même, j’exprime que c’est moi qui lui suis redevable, elle m’a apporté beaucoup plus que ce que j’ai pu lui apporter.
Ce regard est le fruit de tout un travail de recherche et d’introspection. C’est aussi le choix d’aimer inconditionnellement. 
En fonction du retour que m’on fait mes premiers lecteurs, je pense qu’ils ont perçu tout cela et qu’ils l’apprécient.

Comment s’est passé votre travail d’écriture ? Avez-vous une méthode pour écrire ? Des rituels ou des astuces ?

Tel que je l’ai déjà évoqué, je n’étais pas dans une situation de « travail ». Ce que j’ai écrit, ce sont des mots d’amour, d’angoisses, de peurs, de joie, qui coulaient sur le papier dans l’urgence d’un partage avec celle qui a réveillé mes passions enfantines. Ainsi, de nombreux poèmes ont été écrits en bordure d’une route, à un feu rouge ou dans le métro, toujours à la main, l’encre posée sur le papier. 

Envisagez-vous d’écrire un autre livre ? Si oui, sur quoi avez-vous envie d’écrire pour ce prochain livre ?

Je me suis découvert le goût d’écrire. Ainsi, j’écrirai certainement encore. Mais quant à savoir quoi et si je publierai, je n’en sais rien. Et puis, peut-être que je mêlerai les moyens d’expression artistique, les mots, les dessins, les photos…

Claudine Reniers, auteure de Narcisse et coquelicot, disponible sur le site des Éditions Maïa. Cliquez ici pour le découvrir.