Entretien avec Martial Bidard auteur de Le passage des ombres

Entretien avec Martial Bidard auteur de Le passage des ombres

Quel a été votre sentiment quand votre livre est paru ?

Un soulagement parce qu’enfin, ces images qui ne me quittaient pas avaient trouvé leur forme définitive. Le jour où j’ai tenu le premier exemplaire entre mes mains, j’ai pensé à tous ces visages croisés au fil de mes voyages. Ce livre leur appartient autant qu’à moi.

Quels ont été les retours des premiers lecteurs ? Que vous ont-ils dit sur votre livre ?

Les premiers lecteurs m’ont dit deux choses qui m’ont touché. D’abord que le roman les avait emmenés ailleurs — vraiment ailleurs, pas seulement géographiquement mais dans une réflexion sur la nature humaine. Ensuite que les personnages ne les avaient pas lâchés une fois le livre fermé. Hilmar et Sofia continuent à vivre dans la tête des gens après la dernière page. C’est ce que j’espérais le plus.

Que retenez-vous de cette expérience d’édition par rapport à votre travail d’écriture ? En avez-vous tiré des enseignements ?

J’ai appris que l’écriture d’un roman est un acte de confiance absolue, confiance en soi, confiance dans les personnages qu’on crée et qui finissent par décider eux-mêmes de ce qu’ils font. J’ai aussi appris que la patience est une compétence d’écrivain au même titre que le style. Ce roman a pris trois ans.  Je ne regrette aucune des heures passées à recommencer une scène jusqu’à ce qu’elle sonne juste.

Quelle est l’originalité de votre livre selon vous ? A-t-elle été perçue par vos premiers lecteurs ?

L’originalité du Passage des ombres tient à une double réalité. D’abord, les lieux : chaque pays traversé dans le roman, je l’ai parcouru avec mes pinceaux avant de le traverser avec mes personnages. La géographie du livre est vraie, charnelle, vécue. Ensuite, le sujet central, la manipulation mentale, la possibilité d’effacer une identité humaine, est traité non pas comme une fiction de science-fiction mais comme une réalité documentée, terrifiante précisément parce qu’elle n’est pas impossible. Mes premiers lecteurs ont été surpris par cette crédibilité. Plusieurs m’ont demandé si l’histoire était inspirée de faits réels.

Comment s’est passé votre travail d’écriture ? Avez-vous une méthode pour écrire ? Des rituels ou des astuces ?

J’écris tôt le matin, avant que le monde se réveille. C’est le seul moment où le silence est total et où les personnages acceptent de parler. Je n’ai pas de plan rigide,  j’ai une destination et des personnages et je les laisse trouver le chemin. Certains jours, je n’écrivais que deux lignes. D’autres, des pages entières arrivaient d’un coup, comme si elles attendaient depuis longtemps. Ce que j’ai appris de la peinture m’a aidé : en art comme en écriture, il faut savoir quand s’arrêter. Une scène trop travaillée perd sa vie, comme un tableau trop léché perd son âme.

Envisagez-vous d’écrire un autre livre ? Si oui sur quoi avez-vous envie d’écrire pour ce prochain livre ?

Oui, le deuxième roman est déjà en cours. Il emmènera le lecteur de la Norvège au Japon, en passant par la Thaïlande et l’Indonésie. De nouveaux personnages, Volodia et Sygren, frère et sœur à la recherche de la vérité sur leur père, ancien agent du KGB. Un thriller d’espionnage qui pose la question de ce qu’on hérite de ceux qui nous ont menti par amour. Les thèmes sont les mêmes : l’identité, la mémoire, le prix de la vérité.

Martial Bidard auteur du livre Le passage des ombres disponible sur le site des Éditions Maïa. Cliquez ici pour le découvrir.