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Entretien avec Olivier Bonnet – Coeurs vaillants

Quel a été votre sentiment quand votre livre est paru ?

C’est évidemment un moment de bonheur pour un auteur que d’être publié par une maison d’édition.

Pour ce qui me concerne, j’ai consacré toute une année à écrire mon roman Cœurs vaillants, dont l’action se déroule en Gascogne au XIXe siècle, et dont l’un des personnages principaux est Émile Péreire, qui a réellement existé et a eu un destin hors du commun. Cela a nécessité de faire des recherches importantes. Toutes ces heures de recherche passées, parfois au milieu de la nuit, c’est ce qui donne un sens à mon roman se basant sur des faits historiques. Donc, la publication d’un roman, c’est quelque part comme un accouchement.

La publication de son roman, c’est également un acte de reconnaissance. Pendant tout le temps de l’écriture, l’auteur doute en permanence : que vaut l’intrigue de son roman, la crédibilité de ses personnages, la valeur de son style littéraire ? L’auteur envoie son manuscrit à plusieurs maisons d’édition, il regarde ensuite tous les jours dans sa boîte aux lettres. En ouvrant la lettre de l’éditeur, beaucoup d’appréhension. Et lorsqu’un éditeur vous dit en tant qu’auteur que votre roman a retenu toute son attention, c’est bien sûr un évènement qui doit être fêté.

C’est aussi un sentiment étrange, difficile à définir, de voir se matérialiser son roman : le choix de la photo de couverture en lien avec le thème du roman, la difficulté d’avoir à se présenter de manière concise et à sélectionner un extrait qui soit accrocheur. Sentiment étrange aussi de pouvoir tenir dans sa main le roman, et plus encore de le voir sur des sites de mise en vente tels que la Fnac ou Amazon. À ce moment-là, l’auteur réalise qu’il a coupé le cordon ombilical avec son roman, et que celui-ci appartient désormais au public des lecteurs.

Quels ont été les retours des premiers lecteurs ? Que vous ont-ils dit sur votre livre ?

Moment attendu mais redouté : les retours d’informations des lecteurs. De ce point de vue, je suis un auteur comblé au-delà de toutes mes attentes. Les retours ont été très nombreux et ceux-ci sont jusqu’à présent tous positifs. Les lecteurs m’ont félicité pour mon souci de documentation. Ils m’ont tous dit qu’ils avaient appris énormément de choses en ce qui concerne la Gascogne au XIXe siècle : les fêtes traditionnelles, les coutumes, les légendes, les proverbes, les tenues vestimentaires, la pêche à la sardine dans des pinasses dans le golfe de Gascogne, les conditions de travail des enfants et des femmes dans les conserveries de sardines, le port de Bordeaux, le quartier de Mériadeck réunissant les prostituées et les ferrailleurs, les conditions d’hygiène déplorables, les épidémies, la révolution industrielle, le développement du rail dans le sud-ouest et l’urbanisation de la station thermale d’Arcachon grâce au richissime banquier Émile Péreire. Ils m’ont également félicité pour mon écriture : souci de recherche du mot juste, richesse des descriptions et des dialogues. Enfin, les lecteurs ont apprécié la manière dont j’ai associé faits historiques et pure fiction.

Que retenez-vous de cette expérience d’édition par rapport à votre travail d’écriture ? En avez-vous tiré des enseignements ?

J’ai trouvé avec la maison d’édition Maia toute une équipe de professionnels compétents et très engagés, accompagnant au mieux les auteurs pour les mettre en valeur ainsi que leurs ouvrages.

Oui, j’ai réalisé combien le travail d’équipe entre l’auteur et l’éditeur était essentiel à tous les stades : réalisation de la couverture, correction, maquette, diffusion, promotion.

Quelle est l’originalité de votre livre selon vous ? A-t-elle été perçue par vos premiers lecteurs ?

L’originalité de mon roman tient au fait d’une association que j’estime réussie entre des faits historiques auxquels j’ai voulu être très fidèle et une fiction reposant sur une très forte amitié entre des jeunes gens désireux de changer la société et conscients du rôle qu’ils avaient à jouer.

L’originalité du roman tient également aux nombreux dialogues permettant un style littéraire extrêmement direct.

Sinon, l’originalité du roman tient à la singularité du lieu dans lequel se déroule l’action : nous sommes plongés dans le cœur des landes. Une région déshéritée car sablonneuse, marécageuse et battue par les vents. Une région au caractère sauvage marqué et d’une beauté à couper le souffle comme la baie d’Arcachon et la dune du Pilat. Une région enfin où les légendes les plus singulières sont légion.

L’originalité du roman tient surtout au personnage principal, Émile Péreire. Il m’apparaît éminemment romanesque. Devenu l’un des hommes le plus riche de l’Hexagone en tant que banquier, il s’intéressera à la bourgade de La Teste-de-Buch perdue au fin fond des landes et dont tout le monde ignore l’existence, pour en faire une station balnéaire huppée et un lieu de traitement des tuberculeux. Quelle pouvait être sa motivation ? J’ai imaginé qu’une femme devait être à l’origine de ce projet paraissant de prime abord utopique.

Je pense en effet que si j’ai tant de retours positifs de mon roman, c’est parce que les lecteurs ont pris conscience de son originalité.

Comment s’est passé votre travail d’écriture ? Avez-vous une méthode pour écrire ? Des rituels ou des astuces ?

Il me fallait tout d’abord trouver un lieu et un personnage qui soient romanesques. La Gascogne et le personnage d’Émile Péreire me sont très vite apparus comme une évidence.

J’aime bien mêler les faits historiques à la fiction, ou inversement faire entrer la légende dans le réel. Je trouve que l’on apprend beaucoup sur les habitants d’une région par les coutumes et leurs proverbes.

Pour ce qui me concerne, réunir tout d’abord une très solide documentation est un préalable nécessaire. Ensuite, je m’emploie par les dialogues à faire vivre mes personnages. Enfin, j’aime bien mettre des personnages dans des situations de huis clos dans lesquelles les tensions sont extrêmes.

Envisagez-vous d’écrire un autre livre ? Si oui, sur quoi avez-vous envie d’écrire pour ce prochain livre ?

Oui, j’ai commencé à écrire après la parution de mon premier roman. J’ai voulu explorer un nouveau style littéraire en écrivant un recueil de nouvelles sur des thèmes brûlants d’actualité comme le réchauffement climatique et la COVID 19, mais aussi sur des sujets éternels tels que la vieillesse, la mort, la grossesse, la famille ou la sexualité. Je m’emploie à surprendre ou à émouvoir le lecteur, par mon approche et mon style littéraire.

J’ai beaucoup d’autres projets en tête : je pense qu’une adaptation cinématographique de mon roman est possible. Quant à mon recueil de nouvelles, je suis persuadé que l’une d’entre elles pourrait donner lieu à une pièce de théâtre. Enfin, j’aimerais beaucoup écrire un thriller dont l’action se déroulerait en Bretagne, une région que j’affectionne particulièrement, en raison de son mystère et de sa beauté.

Olivier Bonnet, auteur de Coeurs vaillants disponible sur le site des Editions Maïa. Cliquez ici pour le découvrir.

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